Tri : Par hit | Super catégorie : le mangeur - Lost - film
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Arthur Miller

Voilà une bonne opportunité de faire un pas vers Arthur Miller, l'auteur notamment de Mort d'un commis voyageur (prix Pulitzer). Cette interview fait partie d'une nouvelle catégorie (Charlie Rose) qui est un interviewer laissant beaucoup de places à ses invités et offrant beaucoup de beaux moments d'interviews.



Arthur Miller dit un truc assez suffisamment balèze que pour être noté, il explique ce que veut dire pour lui "Catch a lightning" (trad. littérale : attraper un éclair de foudre) : "A writer walks around with an ironbar in his hands pointing to heaven, hoping to be strucked by that electricity". Autant laisser le reste en anglais.

Voici une autre interview d'Arthur Miller, toujours chez Charlie Rose. Il s'agit d'une émission diffusée après la mort du dramaturge, en 2005 avec des vidéos d'archives des années 90. C'est une belle opportunité d'en savoir un peu plus sur un maître.




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Video anti Oprah

Je vais inaugurer cette nouvelle catégorie ("Useless") par une vidéo qui résumera bien le point qui se cache derrière tout ça. Il m'aura quand même bien fait rire le bougre...


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Posté par Brandnew - dans la catégorie Lost
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Lost


La Rédemption ?


Jusqu'au milieu de la saison 2, je me suis toujours demandé ce qu'il y avait de compliqué à comprendre dans Lost. On m'avait tellement vanté l'état d'incompréhension fascinée du spectateur face aux déboires de "survivants" du vol 815 que je me suis fait une joie de m'avaler les deux premières saisons d'un coup afin d'y déceler ce que les auteurs cachaient derrière leurs métaphores pas si farfelues que cela finalement.

Le Purgatoire



Tout content de m'essayer au jeu de la meilleure interprétation, j'étais sûr de mon coup dès les premiers épisodes (je dis bien j'étais parce que beaucoup de choses sont apparues en chemin). Les survivants n'étaient en fait pas si survivants que cela. Ils étaient même sans doute morts et étaient tombés tout droit dans un Purgatoire moderne (la plage fait directement référence au Purgatoire où Dante se retrouve après avoir quitté les Enfers dans la Divine Comédie). De plus, les pistes lancées par les flashbacks étaient assez nombreuses par rapport au Purgatoire. Cela dit, il ne s'agissait pas entièrement du Purgatoire chrétien où l'âme est purgée de ses péchés avant d'être envoyée au Ciel et d'y recevoir la vision de Dieu (ou non).

Le dilemme moral



La différence entre le Purgatoire chrétien et l'île des Disparus semble se dévoiler à travers le passé de la plupart des personnages. Les flashbacks sont en effet très précis. Il s'agit de dilemmes moraux ou celui qui a péché ne l'a pas fait sans motif vertueux. Kate avait tué son père violent et alcoolique, oui, mais elle l'avait fait par amour pour sa mère. Sayyid a torturé, oui mais il a sauvé aussi et il a aimé. Qui a péché ? Et encore, à ceux qui ont péchés ne doit-on pas allouer le Pardon ? En somme, comment St-Pierre va t'il gérer cette situation ? Doit il les envoyer en enfer ou au paradis ?

Finalement, l'île ne semble pas vraiment être le lieu où l'on se retrouve pour s'expier, mais plutôt une sorte d'erreur géologique qui relie le monde des vivants avec celui des morts. Un endroit entre Terre et Ciel où l'on accède par la mort (ou par un phénomène proche de la Near Death Experience). Mais pourquoi s'y retrouve t'on exactement ? Qu'est-ce qu'il fait que l'on s'y trouve ou non ?

J'interprète les choses comme ceci pour le moment : des passagers du vol 815 , seuls ceux dont le destin n'est pas encore décidé (entre aller en enfer ou au paradis) sont tombé sur l'île.


Ceux qui sont morts dans l'accident d'avion et qui ne sont pas apparus sur l'île le sont parce que la justice divine a su où les emmener. Leur sentence est claire. Les uns en enfer et les autres au paradis.

Mais que faut-il faire avec ceux qui ont pêché mais qui sont si proches du pardon ? Où doit-on les envoyer ? Tant que la question n'est pas résolue par le jugement divin, ils n'auront qu'à rester sur l'île, aux portes du Paradis. Ils y seront testés et étudiés, et ce sera de manière juste qu'ils seront envoyés dans l'un ou dans l'autre.

Différents éléments de l'histoire semblent prouver cette théorie d'un Purgatoire moderne, chrétien sans l'être vraiment.

Le Monstre qui sévit sur l'île semble être celui qui noie les âmes prêtes à partir en enfer. Lorsque dans la saison 3, Mr Eko ne demande pas pardon pour les meurtres qu'il a commis car il clame n'avoir pas péché, il est emmené. En somme, il règle le dilemme moral de tous les Disparus par son explication. Helàs il est alors emporté par cette faucheuse, cette camarde nuageuse et de ténèbres. Pourquoi ? Parce que son sort était réglé. Il n'y avait pas de Pardon à accorder car il n'en a pas demandé.

Le problème des bébés. Aucun enfant ne peut naître sur l'île. La raison devrait tomber sous le sens en suivant cette interprétation. Car ils n'ont rien à faire dans ce Purgatoire moderne. Aucune justice si juste elle se veut ne pourra juger un bébé qui vient de naître. Il n'a à son actif aucun crime vu qu'il n'a encore rien choisit. Il est encore trop loin du libre-arbitre qui s'il permet tout, peut aussi tout droit mener aux enfers.

En enfin, en troisième preuve, il y a bien sûr les dilemmes moraux auxquels font face les Disparus. Ces dilemmes sont traités à travers les flashbacks. Et puis je pourrais citer une bonne partie de détails étranges comme le fait qu'ils ne se rasent jamais, mais bon, ça c'est peut-être plus de l'ordre des contraintes techniques.

Cette théorie est-elle complète ? Pas réellement. D'autres évènements viennent troubler tout cela. D'ailleurs, tous les personnages ne sont pas là à cause d'un dilemme moral. Ils sont quatre au moins. Jack (hanté par la culpabilité), Hurley (maudit par l'équation de Valenzetti), John Locke (hanté par son père) et enfin Rose (atteinte d'une maladie incurable qui a disparu une fois sur l'île) qui n'a semble t'il jamais commis de péché.

Un des personnages les plus parlants est celui de John Locke. Les coups durs qu'il a subi sont légions en comparaison des péchés qu'il aurait pu commettre. Sa souffrance est grande. Et il doit s'en libérer. Il doit se libérer de cette douleur pour atteindre le Paradis dont il est certainement le plus proche. Avec Jack qui est de loin celui qui accepte le moins l'idée de la mort et qui donc ne parviendra pas à monter jusqu'au Ciel. Refusant de comprendre qu'en réalité il n'appartient plus au monde des vivants. Il hante l'île, comme les autres Disparus et il n'est pas encore décidé à la quitter.

Les Disparus sont donc vraisemblablement des âmes perdues. Comme l'indique habilement le logo blanc et louvoyant de "Lost" qui apparait en début et fin d'épisode. Cela veut-il pourtant dire qu'ils sont au Purgatoire parce que leur destin n'est pas encore choisit ? (entre l'enfer ou le paradis)... Hmmm... Pas si sûr.

Par rapport à cela, les Autres semblent occuper une autre fonction. Ils doivent aussi faire comprendre, sans aucun mot (car les survivants doivent le réaliser eux-mêmes), que personne n'a survécu au crash de vol 815. C'est par cette acceptation et aussi par cette libération des fantômes du passés (et donc cette libération de la vie elle-même) que les Disparus arrêteront enfin d'hanter l'île (car c'est bien ce qu'ils font, ils hantent une île qui ne leur appartient pas).

Mais à la fin de la troisième saison, beaucoup d'autres choses sont apparues en chemin. La mythologie s'est éminemment développée. Et c'est là que ça se corse.

La Dharma Initiative



Jusqu'à la saison 2, j'aurais juré que les Autres étaient des anges en quelque sorte, tels les deux émissaires d'Adonaï, envoyés à Sodome et hébergés par Lot dans la Genèse. Une sorte de juges envoyés par Dieu lui-même pour déterminer le taux de péché d'un lieu ou des personnes qui y vivent. Comme le dit le leader des Autres (Benjamin Linus), l'homme pour qui il travaille ne pardonne pas facilement. La référence est biblique. Que ce soit vrai ou non, les Autres travaillent pour Dieu. Peut-être sont-ils fous de le croire, mais en tous les cas, il agissent comme tels. Ou tout simplement, leurs leaders agissent en ce sens. Ce n'est que plus tard qu'on découvre l'existence d'un certain Jacob qui n'est pas encore révélé et qui ne se situe pas sur le même plan d'existence que nous.

Mais l'utilisation du terme Dharma (dans Dharma Initiative) n'est certainement pas anodin. On n'est plus dans la religion chrétienne à présent. En tout cas, plus seulement. On arrive droit dans le bouddhisme (ou l'hindouisme quoique j'en doute car il n'aurait pas le même intérêt par rapport aux idées de la série). Quand Benjamin Linus demande à John Locke de tuer son père, il lui demande de quitter sa propre existence telle qu'il la connait. Il doit se libérer non pas de ses péchés mais de dukkha, la souffrance dont Bouddha enseigne comment se séparer.

Pour l'instant, cette réflexion sur l'utilisation de ce terme n'amène pas bien loin. Si ce n'est qu'on peut supposer que tout n'est pas lié à l'idée de Purgatoire, que le Dieu dont on parle dans Lost n'est pas un Dieu historique mais un Dieu conceptuel, voir le Dieu moral.

Et l'histoire a prit beaucoup de détours. Pourquoi Desmond doit-il appuyer sur un bouton toutes les 108 minutes afin de sauver le monde ? Et pourquoi la Dharma Initiative a t'elle mis cela en place ?

Tout d'abord il vaut mieux bien clarifier une chose. Lost est un roman composé de plusieurs nouvelles. D'ailleurs Lost est avant tout littéraire, c'est même parfois presque du Paul Auster dans sa trilogie new-yorkaise.

Tout n'a pas lieu d'être et chaque nouvelle n'est pas allégorique sur la totalité du récit (même si Léviathan de Paul Auster est parvenu à l'être). Quand on écrit une très longue histoire comme celle-là, il existe une latitude. Une latitude de raconter des bonnes histoires à l'intérieur même du récit. Le thème principal ne change pas mais les nouvelles se permettent une certaine liberté pour peu que tout reste explicable lors du grand final. Le fait que Desmond voit l'avenir n'a pas un intérêt dans l'histoire global et ne cache rien (mais pourra être explicable par la suite et sera sûrement utilisé pour dire qu'il ne faut pas changer ce qui est supposé être comme ça. Autrement dit, ne pas quitter une île où on est supposé être). Ou encore, le fait que les personnages ont des liens dans leur vie avant le crash (qu'ils ignorent) n'a rien de plus qu'un intérêt scénaristique proche du roman et nait sans doute plus d'un amour du récit que d'un sens caché.

Mais revenons-en à cette histoire où Desmond appuie sur ce bouton toutes les 108 minutes. Je dirais à priori qu'il s'agit d'un test de foi. Soit il peut n'être rien de plus qu'une expérience scientifique à la Stanley Milgram, soit il peut être réel. Et on ne peut pas vraiment le savoir jusqu'au moment où on a dérogé à la règle. Je ne suis pas sûr de ce que les auteurs ont caché derrière cette métaphore (si ce n'est qu'elle fait avancer le récit par la suite), mais je dirais qu'il est comme la prière. On ne sait pas si ça marche, mais on n'oserait pas ne pas prier de peur de se rendre compte trop tard qu'en fait, ça marchait vraiment. C'est donc un test de foi tel que nous les connaissons. Tel Abraham à qui Dieu demande le sacrifice de son propre fils.

La saison 3 et la Dharma Initiative amènent beaucoup d'éléments perturbants. En fait, on détient finalement une forme de preuve que cette île à encore un bon pied sur Terre. On peut la contacter, on peut communiquer avec celle-ci. Certains peuvent même aller et venir (se tuent-ils pour cela ? Se mettent-ils en état de Near Death Experience ? On ne le sait pas encore mais ils y arrivent. Autrement dit, qu'y avait-il dans le verre de jus d'orange de Juliet avant qu'elle ne décide d'aller sur l'île ? Un tranquilisant ou un produit létal ?). De plus, des ondes peuvent passer de l'un à l'autre, comme si la porte des deux mondes pouvaient encore communiquer avec l'un et l'autre. Un détail surprenant est celui du sous-marin. Pourquoi doivent-ils s'y rendre en sous-marin ? Faut-il d'abord, tel Dante, emprunté le chemin des Enfers pour y parvenir vivant ?

Benjamin Linus est donc un membre de la Dharma Initiative. Durant sa vie sur l'île en tant que participant à ce projet (qui a trouvé cette île et apparemment parvient à y entrer et à y étudier ces esprits), il pactise avec les hostiles et en devient leur leader, ou une forme de leader car on ne sait pas encore dire s'il est vraiment leur leader (le terme hostile est bien choisit pour parler de l'esprit des morts vu que dans certaines cultures les morts sont considérés comme hostiles aux vivants, les morts-vivants en étant la représentation ultime).

Par la suite, dans un désir fou, il met en place un projet fou. Celui de faire naitre un enfant conçu sur l'île. Un enfant qui, si mon interprétation est juste, ne devrait normalement pas pouvoir naitre. Car l'enfant n'a pas encore de quoi être jugé. Seul l'enfant de Claire, une Disparue amourachée de Charlie le rocker, est venu au monde. Ce qui brise une règle fondamentale dans le fonctionnement de l'île. Mais encore une fois, celui-ci a été conçu hors de celle-ci. Il n'est peut-être pas encore l'élu qui brisera la règle.

La justice



Attendant encore la saison 4, 5 et 6 avant de continuer cette analyse, il y a certaines pistes évidentes jusqu'à présent. Le religieux dans cette histoire occupe une grande place et pourtant il est en fait sans doute plus utilisé comme levier que comme profession de foi. Lost n'est pas une histoire écrite par des Mormons en quête. A mon avis, le point essentiel de Lost est celui du jugement, du bien et du mal, de la justice à travers l'étude de dilemme moraux (mais surtout, car Dieu n'est ici que métaphore, du jugement humain). Cette île existe parce que le jugement divin est juste. Et parce qu'il ne peut pas juger ce qui est bien et ce qui est mal, même s'il ne pardonne pas, tant qu'il n'est pas sûr. Sans doute se cache derrière Lost un profond message de tolérance. Tolérance finement jouée à travers des personnages comme Sayyid, Kate ou Sawyer que l'on peut aimer malgré les monstruosités qui les suivent. Et qu'il y ait un Irakien de la Guarde Républicaine et un Coréen n'est sans doute pas totalement anodin non plus, qui sait ?

Ce qui n'enlève pas le véritable plaisir de cette histoire qui devient peu à peu une véritable mythologie bien construite. Où l'île a son fonctionnement, son administration presque. Et qui permettent encore beaucoup de choses et beaucoup d'histoires à raconter.

Prévisions



Comme ça me plait aussi d'essayer de deviner la suite, je vais me permettre quelques essais de prévisions. Je dirais pour le moment que Les Autres (qui ne sont pas si mauvais que ça) étaient vraiment les gentils. Et que ceux qui vont venir (les scientifiques, ou pire, des militaires !) après avoir été appelés via radio par Jack, vont être une autre paire de manche. Ils feront comme la Dharma Initiative, ils voudront entrer en contact avec les esprits. Ils seront les scientifiques/militaires dans un monde spirituel dont la protection était nécessaire. Dont les portes n'auraient jamais dû être ouvertes. Et par cela, ils mettent non seulement en danger la vie des hostiles (qui sont à présent les rescapés du vol 815) mais aussi la sécurité du monde spirituel, et qui sait, par extension scénaristique, la sécurité du monde divin. Tels des Thanatonautes de Bernard Werber, ils pourraient essayer d'ouvrir la porte du monde des hostiles (de hostiles aux vivants et donc les morts). En cela, quand Desmond devait appuyer toutes les 108 minutes sur son bouton afin de sauver le monde, il n'était pas trahit. Il devait bien effectivement empêcher aux ondes de quitter l'île par une sorte de barrière électro-magnétique. Barrière qui une fois effondrée permet au monde des vivants de recevoir des signaux.

Au final, la bataille va devenir inverse. Les Disparus ne devront plus essayer de s'échapper, mais bien de défendre l'île. Empêcher qu'il soit possible de la rejoindre. En somme, fermer la porte des Deux Mondes. Et y rester pour toujours. Devenir des hostiles eux-mêmes (peut-être sera-ce l'épisode final ou bien plus tôt s'ils ont encore beaucoup de matière à raconter ?).

La complexité viendra aussi du fait que certains pourront décider de partir. Il n'est pas encore certain à cent pour cent qu'on puisse quitter l'île (bien qu'on sache y entrer), malgré le dernier épisode de la saison 3 ou Jack et Kate se retrouvent dans le monde des vivants à nouveau (qui sait ce que ce 'flashforward' voulait vraiment signifier). Si un départ s'avère possible, alors certains devront décider de rester définitivement sur l'île et d'en devenir les protecteurs. Jacob leur racontera leur histoire, comme il l'a fait auparavant pour Benjamin Linus, et ils devront comprendre. Mais pour cela, ils devront aussi sceller leur mort. Un final digne de la Planète des Singes se prépare.


A noter que Jacob n'est sans doute pas pas celui que l'on pense même si rien de concret ne me permet de le prouver, si ce ne sont quelques techniques de réalisations qui ont été utilisées. Jetons un oeil méfiant sur Richard, qui accompagne Benjamin Linus et qui dit à John Locke comment il doit s'y prendre pour tuer son père. Je pense qu'il est en réalité Jacob. Il guide Benjamin Linus dans son leadership qu'il ne souhaite sans doute pas. Une des raisons pour lesquelles ce fameux Richard ne se montre pas en tant que leader vient peut-être du fait qu'il doit laisser le libre-arbitre. Car il doit aussi juger. La scène où Juliet décide de boire le jus d'orange et donc de prendre le tranquillisant est très parlante à ce niveau et sera réutilisée dans un flashback dans les prochaines saisons lorsque Juliet découvrira que Richard est en réalité Jacob. En effet, ce Richard a laissé à Juliet son libre-arbitre. Il a versé le produit devant elle dans son verre, lui a assuré qu'elle pouvait tout plaqué et il n'est donc pas coupable d'avoir peut-être tué cette femme en l'emmenant sur l'île (raison pour laquelle elle ne peut pas revenir). Jacob, en tant qu'ange ou esprit est manifestement capable de voyager entre les Deux Mondes. Et jusqu'à présent, il est le seul à pouvoir le faire.

Si je devais faire d'autres essais de plus petites prévisions, je dirais que Desmond va se retourner contre ceux qui essaient de quitter l'île, malgré l'amour qu'il porte à sa femme, seule personne ayant été apte à capter ces ondes qui sortent de l'entre deux mondes. Il sait par ses visions qu'on ne doit pas changer les choses qui sont supposées être ainsi. Il doit se rallier à Benjamin Linus qui est le gardien de l'île, de son système. Ou alors à d'autres Disparus comme John Locke ou Jack s'il parvient à se libérer de la culpabilité vis-à-vis de son père.

Reste encore une question importante par rapport à la scène où Benjamin Linus a emmené John Locke dans la cabane de Jacob. Quelque chose s'est passé, quelque chose qui brise la frontière entre science et fantastique qui a été si soigneusement construite à travers les scénarii de Lost. Manifestement, Benjamin Linus a joué au Magicien d'Oz. Il n'y avait personne dans cette cabane. Cet évènement paranormal, il a dû le réaliser pour protéger la véritable identité de Jacob. Car personne ne doit savoir qui est Jacob réellement, surtout pas qu'il est en réalité Richard. Pourtant, un évènement à la Shirley Jackson se produit. John Locke entend une voix. Il entend apparemment "Help me!" ('Aide-moi'). Ce que Benjamin Linus n'avait certainement pas prévu. Car cela ne faisait sans doute pas partie de la mise en scène. Tel le Dr Montague dans "La Maison du Diable" de Shirley Jackson, il se passe un évènement fantastique imprévu dans une mise en scène bien réelle. Cette scène pose question. Elle pose même la question de la compréhension globale que Benjamin Linus a de l'île et de son fonctionnement.

Je vais me permettre une dernière prévision très insensée qui n'est basée que sur une connaissance de l'exigence des twists dans un récit. Finalement, si Jacob est seul à pouvoir passer entre les Deux Mondes librement et que l'on a aucune preuve tangible que quelqu'un d'autre soit parvenu à voyager entre ces Deux Mondes, cela voudrait dire que les nouveaux arrivants (les scientifiques ou militaires) qui vont rester sur l'île un certain temps avec les Disparus dans la saison 4 vont peut-être découvrir au bout du compte qu'ils étaient morts eux aussi. Car en fait, personne ne sait passer de l'un à l'autre/ C'est extrêmement improbable car cela poserait mille problème, mais j'y pensais comme ça.

Ces prévisions ne sont qu'un jeu et j'en ferai d'autres à la vision de la saison 4 bien entendu. Mais voyons toujours ce que cela donne.

Si vous avez d'autres idées ou remarques, n'hésitez pas...
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Cory Stevens


Attention, ça va saigner... Âmes sensibles s'abstenir.

Alors que je cherchais de quoi alimenter une nouvelle section pour Serendipe.be traitant de films amateurs (plus particulièrement de ce qu'on appelle des tournés-montés), je suis tombé sur un jeune réalisateur américain de 22 ans qui se déclare cinéaste indépendant. Si ce galon qu'il s'attribue devra sans doute encore faire ses preuves, on peut dire qu'il prouve déjà un certain talent.

Le vendredi 13 juillet 2007, son nouveau film vient de sortir sur Internet, disponible gratuitement via téléchargement et visible grâce à Youtube. L'élégamment nommé : Friday the 13th : Mother's day est un spoof.

Autrement dit, une parodie d'une oeuvre antérieure, soit ici, la série de films sur un personnage que je ne connaissais que par réputation : Jason Voorhees, un slasher (personnage psychotique qui tue, souvent à l'aide d'une arme tranchante, tout un tas d'individus et né visuellement sous la main du maître de l'horreur Alfred Hitchcock).

Ce dernier film est une sorte d'aboutissement dans la jeune carrière de l'auteur. Il fait suite à 5 autres parodies basées sur le même univers de Friday the 13th. Toutes plus délirantes et pleines de fautes les unes que les autres, on ne peut pourtant pas nier le panache de ce jeune réalisateur en devenir. Celui d'un élève qui a manifestement bossé sa copie. Et qui parvient (au moins dans un de ces films) à toucher le point G de l'amateurisme. Celui qui prend par surprise le spectateur qui ne s'attendait à rien d'autre qu'une idiotie et qui finalement découvre avec beaucoup de plaisir toute une gallerie de mérites.

Si son dernier film n'a hélàs pas beaucoup d'intérêt filmique, il est pourtant pratiquement du même niveau que les productions hollywodiennes moyennes traitant de jeunes sans avenir qui vont se faire découper en rondelle par un tueur sanguinaire au pouvoir de résurrection toujours aussi surprenant.

A nightmare on Friday the 13th



Mais revenons-en d'abord à ce qu'il y a de plus intéressant chez Cory Stevens, c'est-à-dire, ses spoofs précédant Friday the 13th : Mother's day. Je vous propose ici de voir : A nightmare on Friday the 13th, soit le premier film que j'ai vu de lui. D'une durée de plus ou moins 50 minutes, le film va j'espère vous faire vivre un petit moment de bonheur. Bourré de fautes, mal joué, complètement gauche, il parvient malgré tout à s'élever par une véritable recherche. Celle d'un réalisateur qui fait ses premiers pas. Qui tâtonne et se trompe, mais qui pourtant, à certains moments, parvient à montrer qu'il en a dans le ventre. Rien que la longueur elle-même du film devrait déjà vous persuader que cette parodie amateur n'a pas été faite sans effort. Allez... Préparez les pop-corns, bouchez les oreilles des enfants et ouvrez l'oeil, il y a quelque chose là-dedans...

Partie 1 (en anglais - Double-clique sur l'écran pour aller sur Youtube et voir en plein écran) :






Friday the 13th : Mother's Day

Si ce que vous venez de voir ne vous a pas plu, pas un pas de plus. La suite vous plaira encore moins. Des trois films que j'ai vu de lui, c'est celui-ci le meilleur.

Nous en arrivons donc de nouveau à sa dernière production. Sortie le vendredi 13 juillet sur Internet, ce film est intensément plus aboutit et à la fois, beaucoup moins amusant. Mais l'exercice n'est pas le même. Comme je le disais plus haut, son dernier film est égal à des productions hollywoodiennes moyennes. Tourné en 16 mm et en DV pour un budget de 1500 dollars, Cory Stevens va essayer à nouveau de tester. Cette fois, le film sera sans aucune originalité, sans aucune trouvaille. En quelque sorte, il va mettre sur pied une production complètement typique. Dans quel but ? Affiner son style. De son propre aveux, sa recherche principale est là-dedans. Tout cela est avant tout l'exercice d'un réalisateur qui s'essaie.


Et il est vraiment intéressant, et enthousiasmant, d'assister à cette naissance, à ces faux pas. Au fur et à mesure des films qu'il réalise, des palliers se franchissent, et Friday the 13th : Mother's Day est la preuve d'un véritable aboutissement (au détriment de l'originalité de l'oeuvre). Les acteurs sont presque bons (une actrice sort complètement du lot, Mali Macconnell, elle habite l'écran). Au niveau de la narration, Cory Stevens franchit une nouvelle étape. Enfin, tout commence à s'expliquer à l'écran ! Et c'est un grand pas en avant une fois que le metteur en scène comprend qu'il doit montrer ce qu'il veut dire non pas à l'équipe, mais aux spectateurs.

Autre point très réussit, l'audace de Cory Stevens. Encore étudiant, il va réussir à s'attirer l'amitié de l'auteur du roman sur lequel il base son film, William Pattison, alias Eric Morse. Auteur d'un livre sur la série des Friday the 13th que Cory Stevens a apparemment lu avec avidité. Vous pouvez retrouver [url=]l'interview que William Pattison[/url]http://www.fd13mothersday.com/interviews.html#cory a faite de Cory Stevens.

De plus, le film aura son [url=]site officiel[/url]http://www.fd13mothersday.com/main.html, sa bande annonce et utilisera la distribution gratuite de Youtube (il est aussi [url=]téléchargeable[/url]http://www.fd13mothersday.com/main.html en Divx sur le site officiel).

En somme, au-délà de tout aspect critique qui pourrait démonter ce film en mille morceaux, je vous propose de tout de même le regarder, pour que vous puissiez voir l'évolution qui s'est faite. Friday the 13th : Mother's Day dure plus d'une heure et propose une histoire tout aussi débile. Mais sa forme montre pourtant de nouveau quelque chose. Il y a un plus malgré tout. Le réalisateur est en train de regarder, d'essayer de montrer des relations humaines plus complexes, bref, de faire vivre ces personnages. Et il vaut la peine pour ce qu'il est et la façon dont il a été fait (5 week-ends et quelques jours de tournage en semaine).

Après cela, pour que vous voyiez bien l'évolution qui a été faite, je vous proposerai de regarder son pire spoof. Navrant, vulgaire, et complètement private joke (ou tout ce qui doit être expliqué ne l'est pas à l'écran). En bref, une façon de montrer qu'en quelques années, il est parvenu à accomplir de belles choses. Et que finalement, leçon importante, ce qu'il a fait tout le monde pourrait s'amuser à le faire !





Friday the 13th : Jason X Mas

Dans la chronologie de Cory Stevens, Friday the 13th : Jason X mas a été réalisé avant Nightmare on Friday the 13th. Il est donc encore moins aboutit. Même s'il peut faire rire par une grossièreté toute pardonnée dans ce genre de film, on peut dire qu'il ne vole pas très haut.

Et c'est bien là tout l'intérêt. Jetez un oeil à ce dernier spoof et vous verrez le travail accomplit depuis ce moment où c'était drôle et mauvais.



e reviendrai sûrement sur cet article de Cory Stevens et l'éditerai quelques fois. Je vais notamment essayer d'obtenir une interview de ce fameux gaillard. J'espère que cette ébauche vous aura déjà plu. Et si vous voulez en savoir plus sur lui :

Son profil sur Youtube :vileentertainment

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Death Proof



Comment dépasser la citation ?



Si l'expérience Grindhouse je ne la connaissais pas du tout (ni l'expérience Pulp), j'ai quand même pu trouver de quoi comprendre l'exercice formel du dernier Tarantino par une profonde admiration des films gore et de genre (John Carpenter, Peter Jackson, Sam Raimi, Stuart Gordon...) où l'art (indéniablement présent) n'est souvent pas reconnu par faute d'une forme qui ne se veut pas intelligente.

Dans ce film, tout y passe. Les fautes dans la continuité, les mauvais raccords, les seconds rôles surjoués, les montages ratés, l'éclairage prétendument surexposé, la bande son trop forte, les scènes à rallonge, le scénario savamment inégal, l'absence prétendue de professionnel, le mauvais équilibre des trois actes, les ombres de caméra, les bobines perdues ou brûlées, tout devient objet d'art. Comme lors de ses précédents films, Tarantino donne l'impression de citer. Et pourtant, avec son talent qui lui est propre, sa citation semble toujours lui appartenir.

En gros, l'exposition du film est là. Musique tonitruante où la voix des acteurs est inaudible à l'appui, Tarantino ouvre la première partie de son film soi disant hommage. A partir de là, un défi apparaît très vite, comment parvenir, dans l'exercice formel, à gérer ce qu'il veut faire avec ce qu'il peut faire. Ses règles sont extrêmement strictes : il ne peut pas utiliser de moyens techniques qu'un réalisateur de série Z n'aurait pas pu avoir. Ou du moins, pour être intègre avec son projet, il doit impérativement donner l'impression qu'il n'en utilise pas plus. Pas de cascadeur (et donc pas de professionnels !), pas d'effets spéciaux et encore moins de multi-caméra. Tarantino est donc livré à son propre talent de metteur en scène. Et c'est alors que s'ouvre la deuxième partie du film qui est certainement la plus surprenante (lorsque la citation se termine et qu'il en vient à citer la première partie du film).

Une de ses trouvailles les plus ingénieuses est de faire jouer la cascadeur avec qui il travaille depuis Kill Bill, Zoé Bell (il donne sciemment son vrai nom au personnage par ailleurs). Elle lui permettra de préparer sa scène finale, grandiose, sans pour autant sortir de son exercice. Au lieu de s'interdire une scène folle, il décide de simplement faire jouer sa cascadeur et ainsi, de réaliser une scène digne de Werner Herzog dans sa folie furieuse d'Aguirre la colère des Dieux ou Fitzcarraldo. Et c'est là que le combat entre ce qu'il veut faire et ce qu'il peut faire prend tout son sens. La scène finale va bien au-délà que tout ce que les réalisateurs de série Z aurait pu faire. Tellement dangereuse, tellement effrénée que soudainement Tarantino offre à son public une scène qui dépasse son exercice. Et pourtant, magie des magies, il parvient à créer l'illusion parfaite. Tout du long, on se dit que ça aurait pu être fait, qu'un réalisateur fou (tel Werner Herzog), s'il avait été prêt a tuer ses acteurs par enthousiasme, aurait pu parvenir à cette scène.

En cela, la scène finale répond au combat qui s'est tenu secrètement dans l'expression artistique de son auteur (entre ce qu'il veut faire et ce qu'il peut faire). L'exercice formel de Death Proof a été contourné et est resté intact jusqu'au bout.

En cela, le découpage surprenant en deux parties bien distinctes qui semble découper l'histoire en deux actes (ce qui est très rare dans un récit) est un bijoux en soi. La première étant la citation (bien qu'indépendante), la seconde étant étrangement la citation de la citation. Avec comme apport qu'elle se préocuppe avant tout de dire : "c'est dans le code que je m'exprime moi". Ce qui pourrait sembler purement absurde pour un film qui se veut un clin d'oeil. Mais pour quelqu'un qui sait comment écrire et comment mettre en scène ce qu'il écrit, il n'y a qu'un pas pour gérer toutes ces contradictions.

Une deuxième chose que Tarantino va se permettre pour immiscer dans le récit ce qu'il veut faire, c'est le féminisme. Si la première partie représente la misogynie (Stuntman Mike est un misogyne maniaque qui tue les filles à la vie futiles), la seconde en est la réponse directe. S'il n'est sans doute pas féministe, il aime passionément les femmes et a représenté à plusieurs reprises un monde où l'homme perdra (Stuntman Mike se prend la râclée de sa vie après avoir pleuré comme une fillette). Il se permet donc, sans pour autant, encore une fois, s'éloigner de son exercice, de vivre dans le code complètement librement, et de s'y exprimer personnellement. Il fait donc gagner la femme forte et sexuellement libre et sans complexe dans un rebondissement plus ou moins inattendu et qui n'a plus rien de l'hommage (mais qui brillamment reste dans l'exercice, grâce à un humour typique des films de genre où l'amateurisme du point pivot est accepté entièrement et devient le passage le plus apprécié).

On peut aimer ou ne pas aimer Death Proof. Mais on ne peut pas nier l'intellectualité complètement maîtrisée de Tarantino qui s'exprime à traver la mise en scène comme un philosophe s'exprime à travers des mots. Tout l'art des plus grands réalisateurs du cinéma a été d'expliquer leurs idées sans jamais utiliser une ligne de dialogue, par un outil qu'est la mise en scène. Si Death Proof n'en est pas l'exemple parfait, il fait pourtant partie de ces films à mise en scène que les réalisateurs nient de plus en plus.

En résumé, Tarantino jongle toujours autant avec le récit, le montage, la forme et le fond qui s'exprime à travers un amour du cinéma. Mature comme il l'est dans sont art, il traverse tous les pièges sans problème et parvient à offrir une oeuvre pop au sens le plus fun du terme tout en donnant sa science et son savoir faire dans chaque domaine de la réalisation. Un vrai professeur. Que dire de plus de quelqu'un qui a réussi à avoir comme argument de vente sur son affiche de Kill Bill 1 : " le 4ème film de Tarantino" ?

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Posté par Brandnew - dans la catégorie film
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Pan's Labyrinth


Une interprétation : Il y a les personnes qui peuvent vivre avec l'horreur, ils peuvent même agir avec elle, et il y a les personnes qui ne le peuvent pas. Apparemment, ni l'un ni l'autre ne finira par survivre. Mais il existe pourtant une foi permise, c'est qu'il y a des innocents qui ne peuvent pas vivre avec l'horreur justement, à tel point qu'ils préféreront mourir eux-mêmes plutôt que d'y participer.

Un petit mot sur le film : Le scénario est construit comme un duel. Entre les fascistes (exemple de ceux qui supportent l'horreur) et les résistants, entre la forêt et la ferme, entre le capitaine sanguinaire et l'innocence de l'enfant (exemple de celle qui ne supporte pas l'horreur), le monde souterrain et le monde de la lumière. Aussi, deux supports complètements différents sont utilisés pour faire comprendre le point de vue. D'un côté le film à la Ken Loach (voir Land and Freedom) et de l'autre le film à la Spielberg (ou à la Peter Jackson).

Finalement, le dénouement est captivant. C'est la lucidité de Ken Loach qui l'emporte non sans un certain sens de la récompense.

Et c'est avec chagrin qu'on s'immerge totalement dans cette pure réussite.

Le film regorge bien évidemment de milliers d'autres richesses, ici j'essaie de le traiter sur la longueur d'une affiche. Ce qui est certain, c'est qu'une fois le film finit, on ne souhaiterait qu'une chose, c'est que la tristesse soit encore là à tel point elle sonne juste.

Bon à savoir :

- Sur le site officiel, vous pouvez écouter toute la bande originale complète gratuitement. Et ce, rien qu'en rentrant sur le site (elle passe en boucle). Si vous voulez changer de morceau : aller en bas à gauche dans "Interact" et enfin cliquer sur "Soundtrack".

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