Tri : Par hit | Super catégorie : le mangeur - Lost - film
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Gran Torino - Les douleurs de la virilité



La virilité n'a rien à envier en complexité à la féminité, preuve en est ce film. Un vieil homme roublard, droit sorti de l'usine des monsieurs Miagi, encore trop loin de lui-même pour pouvoir se confesser face à l'Eglise, et donc face à cette part de lui-même où résident l'innocence et ce visage tolérant de l'honnêteté ; vétéran de la guerre de Corée, comme Clint Eastwood, mais n'ayant sans doute, encore une fois comme le réalisateur, jamais tiré sur qui que ce soit, (ou bien alors à l'arme blanche dans des films de Sergio Leone).

Gran Torino est une voiture qu'il ne conduit pas, qu'il ne conduira jamais ; laquelle il ne fait que chouchouter et observer, sans que cela ne l'empêche de vivre émotionnellement dans l'univers de ceux qui la conduisent. Après tout, sa Gran Torino, c'est un peu son art, sa comédie, tel quand dans la carrière du réalisateur son art l'a mené à incarner des existences qui n'ont rien à voir avec la sienne, jusqu'à ce qu'un jour il ait dû voir derrière lui des empreintes de pas autres que les siennes, comme si un maelström de vies imaginées finissaient toujours par nous hanter. Comment "The Man With No Name" pourrait-il résister à ne pas devenir l'Inspecteur Harry à force de trouver en lui de quoi le jouer ? La dureté, la férocité, la virilité, ces éléments qui ont fait avancer le destin des hommes tout en les éloignant de leur enfance et de leur innocence.

Gran Torino, même si par des moyens très secrets, parle de ça. Walt Kowalski, n'est rien de plus qu'un menteur, rien de plus que quelqu'un qui une fois cerné n'a rien de ce qu'il prétend avoir. Ce n'est pas facile à voir dans le film, le mensonge est raffiné, caché derrière une histoire où semble prédominé la forme Karate Kid, ou simplement le récit d'un mentor et son élève. Mais une fois les éléments mis les uns à côté des autres, on ne peut que se trouver épater de la timidité élégante avec laquelle c'est fait; ainsi le film parle de cette douleur de la virilité qui s'enferme, qui étouffe son propriétaire et finalement l'avale entièrement.
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Transformers 2 - Une oeuvre métaphysique


Transformers 2 est le plus grand film McDonald's de tous les temps. Voir ce film équivaut à ce que l'on doit ressentir lorsque l'on mange des frites pendant quatre heures. Tout le rêve américain et l'exportation de la folie consumériste résumée en deux heures et demi. L'impression d'une éruption de pizza dégoulinantes, de barbarie télécommunicatives. Un narration implosée au point de la démence, une bande annonce lâchée en continu pleine de fautes de goût presque parfaites à les voir si grossières. Le final est un mystère total, le cerveau ne parvient plus à enregistrer la moindre information. Jamais je ne me suis senti autant lobotomisé, incapable de bouger, au bord de l'épuisement et de la cathatonie. Cela commence par des sueurs froides, de l'anxiété visuelle et accoustique au point où plus rien n'apparaît avoir de sens, toute forme de subtilité est réduite en purée. On n'en vient à oublier son propre nom, qu'est-ce qu'on fait là, si on rêve ou si l'on est dans sa cuisine en train de cuire des pâtes. Transformers 2 est un film industriel réalisé de la même manière que dans une usine de Coca-Cola ou de General Motors, avec des moments de grâces d'une profondeur inouïe. Ca pétille comme du Fanta bourré d'amphétamine, de cheeseburger, mélangé à des soupes et des soupes de merde entrecoupées de réels potentiels narratifs normaux. Les turbines et les rotatives sont lancées à plein régime, anéantissent toute forme de discernement, de logique, de pensée. Un peu comme ce que le personnage d'Orange Mécanique subit lors de sa réhabilitation, avant qu'il ne jure de ne plus jamais être criminel.

Michael Bay avait parfait son art de la publicité et du clip tout en respectant une réelle histoire dans Transformers 1, ici, le tout est complètement métaphysique. Son propre langage cinématographique sert un dégoût profond de ce qu'il fait, une déception invraisemblable du consumérisme, de la propagande de guerre, de CNN, de Fox News, du machisme, des femmes plastiques, des clichés machistes, avec malgré tout une profonde foi en l'être humain, son sens de la compassion et du sacrifice. Le video-clip final (car ce ne sont pas des actes mais des video-clips) est aussi extraordinaire que le dernier plan sur le visage féminin de "la Dolce Vita". Michael Bay ne fait pas que détruire, mais croit en la beauté et en l'amour, le reste du visuel n'est qu'une sorte de mouvement furieux où tous les hommes se perdent.

Je ne sais pas comment conseiller cet ovni, ce pur moment de grâce cinématographique car il est très difficile d'être empathique par rapport au résultat sans soi-même accepter sa métaphysique, mais je suis soufflé, éberlué, en complète harmonie avec ce qui a été présenté (voire aussi la nouvelle Le Mangeur un peu plus bas dans ce blog qui dans sa version finale devrait donner le même résultat de nausée que la nausée de Transformer 2). Michael Bay ferme un cycle, et mérite complètement le titre d'auteur, car jamais personne n'est parvenu comme lui à dégoûter des marques, du matérialisme, des bombes, du feu, des guerres, des jouets, des téléphones portables et de toute la sensualité plastique des rapports de séduction. Invraisemblablement bien fait, jusqu'au bout, sans concession, absolument brillant et inregardable.
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The Dark Knight - III


Une néo-tragédie grecque ?

Il y a quelque chose de très inspiré dans ce divertissement à gros coup de millions de dollars. Une sorte de sentiment d'assister à une forme de vision, une sorte de néo-tragédie grecque entre les grattes ciels de la civilisation.

The Dark Knight semble être une réflexion sur la cité. Cette cité, elle s'appelle Gotham, une sorte de cadavre froid où les puissants dirigent l'existence d'une plèbe sans âme, pensent pour elle, lui cachent la vérité comme si elle était vraiment trop conne afin qu'elle puisse continuer à vivre dans sa multitude, entre les murs fragiles d'une société prête à s'effondrer à tout instant.

Par rapport à cela, citons quand même la tentative de Nolan de créer un flot de personnages secondaires. En effet, un pléthore de caractères prennent vie à l'écran tout au long du récit, même si leur apparition ne dure que le temps d'une scène. En ce sens, Gotham souffre un peu moins que les habituelles villes de héros où tous les habitants sont des ignorants à qui il faut absolument donner de l'espoir et qui réagissent à tous les actes symboliques et manipulateurs des bien pensants comme une foule de débiles mentaux.

La Cité



S'il est impossible de traiter tous les aspects de la cité et donc de la société, quelques fondamentaux ont été choisis pour The Dark Knight, tous liés à la mythologie de Batman. Le principal semble être celui de la Justice. Si Athéna n'est pas directement présente à l'écran (ou alors Rachel Dawes ?), les trois Chevaliers du Zodiaques (Harvey Dent, le Commissaire Gordon et Bruce Wayne) se battent pour elle, font tout pour sa gloire et son régne sur Gotham.

Face à eux se trouve un Clyde Barrow, une espèce de nietzschéen extrémiste des barils de poudre à la place des doigts, un quasi philosophe, un choreute satirique qui moque le protagoniste jusque dans ses fondements à le rendre pathétique, exprimant aux spectateurs le renversement des enjeux dans lesquels les héros sont perdus, à la face même du spectateur avec qui il entre en relation directe. Ce dionysiaque fou cherche, même si c'est à travers la destruction : la liberté des hommes. Ou plutôt, montrer aux justes qu'une fois enlevée la Justice des remparts de la Cité, la liberté des hommes ne mène pas à cet état de paix et de justice grâce auquel la lutte aurait un sens.

Lui-même n'est pas un être chaotique, il est avant tout l'antagoniste parfait à Bruce Wayne. Anarchiste romantique et meurtrier, il nous rappelle qu'un basculement peut s'opérer. Que la cité autrefois maintenue à l'aide de la punition et de la récompense peut sombrer dans la haine et la folie. Qu'entre autres, quand la punition ne sait plus empêcher la colère et que la récompense n'est plus suffisante pour accepter la punition, une crise se produit.

De manière très détournée, il nous rappelle qu'un être humain peut se transformer en tueur implacable aussi facilement qu'on l'a rendu docile. Le Rwanda n'est pas très loin. Une série bien pensée de manipulation ont permis de faire s'entretuer des êtres humains à la machette par centaine de milliers.

Un moment de modernité


Le Joker (et donc le film qui l'entoure) amène sur son chariot de feu le sentiment d'assister à un moment de modernité. L'envol est magistral, sublime. C'est par une sorte de vision indescriptible, par une dramatique architecturale (le triumvirat, l'antagonisme parfait du Joker) et à travers une symbolique simplifiée mais jamais cliché que naît ce moment rare, telle une émulsion qui prend vie. La couleur, la construction, l'utilisation du graphisme moderne (les exécutions terroristes filmées, la reconstitution des décombres du 11 septembre...), les duels de géants aussi puissants que des gratte-ciels (le duel sur l'avenue fait frémir), ces presque dieu grecs tous grimés ou transformés, ces réunions secrètes sur un presque Mont Olympe... Tout est sujet à un effet émotionnel retentissant. Il y a une force dans ce film, une impression d'assister à une bataille mythologique entre des idéologies et des intellects puissants dont les corps sont l'extension même de leur densité et où les actes sont avant tout l'expression des idées formulées, le tout encadré par un effet global dont chaque rail a été soigneusement posé.

D'une façon radicalement détournée, et sans jamais oublier que le film est avant tout une grosse bande annonce, le gang à Nolan vient de relayer au placard tous les films de super héros avant lui. Tim Burton s'était servit de Batman pour développer sa propre mythologie (la marginalité), les Nolan vont se servir de la mythologie de Batman pour traiter des affaires de la Cité.

L'antagonisme


Dans "La Naissance de la Tragédie", Nietzsche traite d'un antagonisme parfait comme structure de l'esprit grec. Deux esprits, deux formes qui selon lui habitent toute la pensée des grecs. Si je ne pense pas qu'on puisse dire que Batman versus Joker égale Appolon versus Dyonisos, on retrouve malgré tout une balance qui permet à la vieille construction des comics de se dépasser complètement.

L'antagonisme est un élément narratif très puissant. Harry Potter combat Voldemort, Gandalf combat Sauron, Blanche-Neige est face à la Reine... Ces éléments sont immémoriaux et participent de l'intérêt que l'on a à les suivre. L'antagonisme est une structure dramatique qui permet d'aisément construire son récit et d'exploiter tout le potentiel de la dramatique. C'est d'ailleurs là toute la recette des films de super-héros. Ils sont puissants parce que l'antagonisme est poussé à son paroxysme, à son niveau le plus primal.

Et The Dark Knight est diablement intéressant dans sa construction de l'antagonisme. En premier lieu, parce qu'il va bien au-delà.

Tout commence selon la vieille règle. L'acte I est la reformulation de l'antagonisme habituel. Batman combat les criminels et la corruption de la Cité. Il ne se soucie de rien d'autres car il n'existe qu'à travers eux. Les malfrats sont toujours des malfrats et tout va bien dans le meilleur des mondes puisque Batman parvient comme à son habitude à les mettre derrière les barreaux. Aucun de ces malfrats n'est subversif en soi. S'ils brouillent l'ordre qui doit régner dans une société, ils ne sont jamais dangereux au-delà. Ils n'ont pas d'idées, ils ne pensent pas. Il n'y a rien en eux de dangereux pour la bonne continuité des affaires du monde. Ils ne se confrontent jamais vraiment à l'ordre moral (si ce n'est pas une petite parlotte en fin de parcours avant de mourir). D'ailleurs, ils aiment l'ordre moral par-dessus tout puisque c'est sur celui-ci qu'ils font fortune. Ils ne sont même pas un accident ni un appendice dans le déroulement des choses, ils y participent car ils ne font que se servir des injustices inhérentes au système. La Justice n'est face à eux qu'une forme de régulation du système et elle sait aussi parfaitement comment les punir car il y a jurisprudence sur leur agissements depuis longtemps.

Après une quarantaine de minutes, le crime est empêché à travers toute une série d'aventures et Athéna habite à nouveau la Cité en attendant le prochain numéro.

Le premier acte se termine là. Batman touche à sa fin dans ce système rébarbatif où même les criminels ont l'air de s'endormir à tel point ils s'ennuient de leur propres actes. Harvey Dent pourra le remplacer pour que lui aille jouer dans les champs avec son amoureuse.

Bien qu'on sente l'épopée non achevée (le seul personnage qui ressemble à un monstre n'est pas encore mort), on sent qu'on a fait le tour de la problématique.

Mais quelque chose se produit. L'être au visage grimé de blanc grandit. Au départ, il n'était qu'un vulgaire pilleur de banque dont le père avait coupé les joues au couteau, un électron libre créatif peu liés aux mafieux notoires. Il ne semblait qu'aimer les crimes au même titre que les mafiosi, et c'est sans doute l'amertume et l'enfance difficile qui l'a rendu destructeur. Mais lors de la scène de levée des fonds dans l'appartement de Bruce Wayne, une chose se produit.

Finalement, ce n'est pas son père qui lui a fait ses marques au visage. C'est une histoire qu'il invente. Soudainement, le Joker sort de la structure extrêmement stricte des comics. Jusqu'à ce qu'on lui retrouve une raison, qu'il soit un malfrat n'a plus aucun sens dans le monde des comics, il n'a pas de vraie raison de voler, ni d'avoir tué. Il reste antagoniste parce qu'il combat manifestement les héros (il en tue trois d'un coup) et donc la Justice mais on a besoin de le redécouvrir.

Commence alors la nouvelle définition de l'antagonisme. Un antagonisme radical. Un ennemi qui, loin d'être absolu, est justement bien ancré dans la Cité et en connaît les limites. Son but semble être de faire douter les héros, de les contraindre à réaliser que leur quête de justice n'est qu'une façon d'emprisonner les hommes de leur état de liberté. Il n'a aucun pouvoir particulier si ce n'est de savoir plastiquer la ville entière en un tour de main. En réalité, l'antagonisme qu'il représente ne nécessite aucune sorte de pouvoir surnaturel là où l'antagonisme d'un ennemi normal aurait besoin de boule de feu et de laser pour combler le profond néant antagoniste dans lequel il se trouve. Ici, le duel, ce climax dramatique, ne sera pas une épreuve de force, mais bien de raison. Le premier monde se bat pour la Justice car il croit que la liberté des hommes amène la paix, le second se place de l'autre côté du mur, en parfaite symétrie. IL veut réduire en cendre les règles qui ont été nécessaires pour parvenir à l'état de justice et d'ordre.

La catharsis



C'est dans les deux bateaux que l'âme de la civilisation se joue. Si on ne comprend pas très bien comment cette arnaque narrative a pu se produire, le symbole est trop parfait, trop magnifique que pour oser le remettre en question. La perfection de cette scène est magistrale. Même si le langage du spectateur ne peut exprimer l'entièreté de ce qui s'est déroulé jusque là, c'est trop tard, il est happé, avalé, digéré dans cette dramatique trop parfaite. Tout menait à cette scène. Le film aurait d'ailleurs presque dû se terminer là, dans ce troisième acte ouvert par le Joker qui brûle l'argent en exprimant au spectateur qu'il n'en a jamais rien eu à cirer. Il n'était qu'au service d'un message.

Le Joker est à ce moment là, lorsqu'il attend qu'un des bateaux explose, le terroriste absolu. La destruction qu'il commet est terrible pour l'esprit. Il n'est pas le mal aveugle, il est le mal raisonné. Il est le mal qui est symbole et message. De plus, aucune punition ne l'empêchera d'agir (le kamikaze). C'est dans ces pointes narratives que ces moments majestueux de modernité apparaissent. Le film est moderne pour mille raisons mais cette recréation symbolique des évènements de ces sept dernières années est saisissante. Tout a été caché, planqué dans la forme, mais tout existe encore. On assiste presque sans s'en rendre compte à une catharsis. Et c'est tout le pouvoir du récit. Il peut tout cacher, tout symboliser, tout mettre derrière des couches et des couches jusqu'à ce qu'on ne puisse plus apercevoir le fond du puit. Il y a l'ironie, la scène d'action, l'explosion... Tous ces éléments masquent mais pourtant, intérieurement nous les comprenons, nous les sentons. Notre esprit fait tout le travail. Il y a un calque qui se créé entre notre observation du monde et le monde que nous observons.

Alors on pourra critiquer la forme du film, le ridicule de certaines scènes, l'imprécision du montage et de blablabla... Mais on ne pourra pas négocier longtemps sur une forme de vérité qui existe dans l'oeuvre. Le succès du film est majeur parce qu'il est bluffant, excitant et sombre. Mais ce n'est pas par hasard qu'il a été élevé au rang de classique américain. Il a parlé autrement. Le Joker est une forme d'ennemi de la manipulation des bien-pensants, il est une forme de liberté, une forme de jouissance. Il s'attaque directement et intrinsèquement à des fondements de la Cité et c'est à travers cette attaque que l'on se plait à être d'accord avec lui.

Le Joker annonce cette crise de la société. Pas économique ni financière. Non. Une crise face à la manipulation des bien pensants. Une crise de raison et une crise de confiance. Et le Joker n'est pas bien pensant, loin de là, il est celui vers qui se tourner lorsque la confiance est partie, lorsque le mensonge des justes amène à la transvaluation. Face à notre monde, il est tout simplement libre.

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The Dark Knight - II

The Dark Knight est certainement le meilleur film que je n'ai pas encore vu avec la meilleure interprétation de Joker que je n'ai pas encore vue non plus... En somme, c'est le meilleur film que je n'ai jamais vu !

Tout ça pour dire qu'il va falloir que je trouve un jour pour étancher cette prise d'otage dans le buzz absolu de ce film. Et si on regardait un drôle de trailer en attendant ?


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The Dark Knight

Voilà quoi attendre de ce monstre :


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Sweeney Todd : The Barber of Fleet Street

Tim Burton à la recherche de son film absolu ?


Je suis complètement tombé amoureux du dernier opus de Tim Burton. La preuve, après être sortit de la salle, je n'attendais qu'une chose, le lendemain pour aller le revoir. Ce que j'ai fait (et c'est pas donné le cinéma !). Et si j'avais assez d'argent, je serais encore aller le revoir au lieu de taper cet article. En fait, je passerais bien mes soirées cette semaine à aller le revoir si je savais.



La dramatisation chez Burton



Un des ingrédients les plus géniaux chez Burton, c'est sa dramatisation. Chaque moment dramatique est drôle alors que chaque moment qui devrait être drôle est dramatique (la mort du Pingouin dans Batman Returns). Burton va toujours essayer de toucher par ce qui ne touche pas et se moquer de ce à quoi on est sensible d'habitude.

C'est assez typique des vrais auteurs, qui se moquent éperdument de faire une dramatique classique et remplissent leur oeuvre par leur simple subjectivité. Tant que l'histoire ne reflète pas leur propre histoire, ils ne seront jamais satisfaits.

Par exemple, dans Beetlejuice, le film se termine parce que l'héroïne parvient à ce qu'un vers d'un autre espace temps avale Beetlejuice. C'est tout sauf une fin. C'est complètement ridicule ! (mais génial !). Terminer son film par un plan qui a fonctionné, y a rien de plus con. Ca n'est pas dramatique, au mieux c'est du suspense qui trouve sa résolution. De même, Ed Wood n'a strictement aucune complexité dramatique, Ed Wood reste le même du début à la fin, il n'y a absolument aucun rebondissement et le héros n'apprend rien et termine son initiation sans avoir évolué d'un pli. Je pourrais aussi citer Mars Attack qui se fiche carrément de son spectateur en tuant les aliens grâce à un morceau de musique qui leur fait exploser la cervelle (haha... j'en ris encore).

Edward aux mains d'argents n'a qu'à retourner chez lui et rentrer d'où il vient (ce n'est pas un rebondissement ni un climax mais c'est un message du réalisateur sur la marginalité). Batman se termine parce que le Joker tombe d'un gratte ciel et meurt. En soi, Batman a terminé sa lutte (l'ennemi est mort), mais l'acte III n'a rien apporté, résolu aucun conflit des personnages à part que l'homme chauve souris n'a plus qu'à attendre le prochain monstre sans lequel il n'existe pas. Seul sans doute Batman Returns avait une réelle dramatique (proche de la tragédie) et Big Fish où l'on pouvait sentir une initiation qui se termine complètement (la reconnaissance de l'amour envers son père).

Certains pourraient penser que Burton et ses scénaristes ont un problème de finition dans leur écriture. D'accord ils ont des prémisses fabuleuses, mais un synopsis ne fait pas tout. Enfin, ça c'est ce que ceux qui ont tout miser sur la dramatique diraient. Et encore, on pourrait argumenter que vu les motifs d'immobilismes qui se répétent, il s'agit bel et bien d'un choix narratif.

Mais au fond, tout ce qu'il a fait et qui est complètement idiot est totalement dépassé par son propre génie à le faire fonctionner. Je ne me lasserai jamais d'un Tim Burton et je les aime tous (presque !) profondément parce qu'au final il a suffisamment de génie que pour faire de ces erreurs/choix des véritables réussites (de nouveau c'est un vrai auteur, les règles il peut se permettre de s'en tamponner le coquillard). A part peut-être La Planète des Singes et Charlie et la chocolaterie (quoiqu'on pourrait discuter des intentions artistiques secrètes derrière ce dernier)...

Ce qui est fascinant et jouissif chez lui, c'est que le film peut se conclure sur une vision, par ce que pense Burton ou encore par un acte esthétique. Par exemple, dans Edward aux Mains d'Argents, il y a une seconde fin au-delà de la fatalité de la marginalité dans laquelle se trouve le héros. Cette second fin, c'est la neige qui tombe sur la ville. En réalité, la film se termine par une explication de pourquoi il neige, parce qu'Edward sculpte des statues de glaces et que les résidus somptueusement valsent sur la ville toute entière. Quel rapport avec le récit ? D'un point de vue dramatique, aucun ! Mais cela n'a aucune importance chez Burton. Ce qui ponctue le grand final, c'est le pur acte esthétique (la neige plus la musique de Danny Elfman sont le climax).

Les personnages n'ont pas réellement besoin de psychologie parce que tout simplement chez Burton on est plus fort que ça. On ne remplit pas, on peint.

Et c'est sans doute justement pour cela qu'on peut l'aimer et l'élever au rang de plus grands. Il ne se sert pas des codes et des trucs pour construire son film, il s'injecte dedans de façon obsessionnelle et tout matériaux qu'il utilise devient Tim Burton. Chez Tim Burton, on invente tout, plan par plan.

Mais que se passerait il si ce petit génie se servait de la dramatique d'un classique de théâtre, construit par un architecte qui savait parfaitement comment bâtir ses murs ? Que se passerait il si Burton avait en main un récit de main de maitre, avec un final comme il n'en a jamais eu ? Eh bien, c'est ce qui vient de se passer avec Sweeney Todd.

Au-delà de l'acte esthétique



En un certain sens, il a toujours manqué une chose chez lui (et si ces oeuvres en ont un peu soufferts, elles n'en sont pas moins toutes brillantissimes). Et sans doute en est-il conscient, comme un artiste passionné qui refuse de mourir déjà parce qu'il sait avoir encore une chose à accomplir. Qui doit encore parfaire son art parce qu'il sent qu'il n'a pas encore touché son absolu. D'oeuvre en oeuvre, il recommence, tente de se dépasser, se perfectionne, tente que son bébé ait toutes les qualités requises pour en être pleinement satisfait.

On commence bien avec Sweeney Todd. Le thème est la vengeance. Il s'agit là d'un moteur purement absolu (il aurait pu s'agir de la peur ou du doute comme chez Hamlet). Si on traite de la vengeance (et logiquement elle finit mal parce que c'est culturellement acquis de condamner la vengeance par la mort), on se lance à l'assaut d'une narration qui peut être complète. Sa simplicité est toute sa force. Un récit construit autour de la vengeance pourra être vu dans mille ans, il aura toujours une valeur, il aura éternellement le droit à l'existence tant que la vengeance existera dans le monde.

Sweeney Todd est un gros camion. Aussi sévère qu'une guillotine en pleine Révolution française. La musique est une sorte de tank en pleine guerre avec quelques mouvements amoureux. Dans l'ensemble, le film tout entier est du rentre dedans avec un bélier. Comme si Tim Burton avait des affaires non résolues avec la noirceur et qu'il n'avait pas été satisfait jusqu'ici de sa plongée nocturne. Ici, on va rentrer dans le lard et les scènes de violences seront sans pardon. Le final est glauque et sans excuse, il se termine par un coup de massue, comme si on avait voulu détruire la muraille de Chine et le monde tout entier avec.

S'il y a du gore et que ça saigne, ce n'est pas simplement pour faire joli mais pour être sans pitié. Quand on coupe la gorge, on coupe la gorge et ça pisse le sang jusqu'au bout de la pièce. Très peu de concession avec Sweeney Todd (mais quand même). A la fin, la seule chose qu'on se rappelle est "Bang !".

Voilà pourquoi j'ai l'impression que Tim Burton était à la recherche de son film absolu. Parce qu'il est évident qu'il voulait frapper dans le mur. Le héros est la représentation ultime de ce qui se passe quand on tape dans le mur. C'est un geste, un premier degré. On sait où on va et on y va quoiqu'il arrive. Sweeney Todd n'aura aucune pitié pour les personnages qui l'entourent. Sa vengeance est traitée comme La vengeance au-delà de tout. Elle aura presque moins d'intérêt pour lui que l'accomplissement même de sa vengeance. Sa colère est sans limite. Il n'attend plus que d'être tué parce que tant qu'il existera, il tuera. Son âme est à jamais détruite, il n'est plus qu'un être humain dévasté, une catacombe, un pur cimetière ambulant.

Au fond, Tim Burton fait son film comme il devrait être. Et il ne veut apparemment absolument pas faire de concessions avec son sujet (quoi de plus regrettable que de faire une concession pour son oeuvre et puis la regretter dix ans après quand on ne peut plus la recommencer). La force avec laquelle Sweeney Todd tranche la gorge est la force avec laquelle Tim Burton voulait faire son film.

Maintenant... Est-ce que Tim Burton est parvenu à faire de son film un absolu ? Je ne sais pas trop. Certaines choses viennent contrecarrer cette hypothèse. En premier lieu, le fait qu'on explique pourquoi Sweeney Todd se venge est relativement douteux par rapport à cela. Un personnage sera d'autant plus absolu dans sa vengeance qu'on n'a aucune idée de quoi il se venge.

Cela dit, les scènes qui expliquent ce qui lui est arrivé sont minimes. Exagérément courtes. Comme si on avait voulu tout de même en dire le moins possible, juste pour les utiliser dans la vengeance.
Les flashbacks qui expriment l'injustice qui lui est arrivée semblent sortir de nulle part, sont presque iréels, et ne trouvent pas vraiment leur place dans le récit. Comme si on n'avait surtout pas voulu leur donner trop de vie. Toujours pour se diriger vers cette énergie primale.

Bon, alors, évidemment...



Il serait quand même dommage de tout expliquer par ce que je viens de dire. Qui est une sorte d'interprétation gratuite. Le film est avant tout vraiment génial. Et tous les ingrédients y sont. La musique est tout bonnement grandiose. Sondheim a servi son bijou, c'est tout bonnement magnifique.

Moi qui n'aime pas les comédies musicales, ça m'est quand même resté dans les oreilles parce que justement la musique est parfaitement incorporée dans le récit. Aucun personnage ne se met à danser, le décor ne change pas soudainement et on ne voit pas apparaitre vingt-cinq marins qui dansent en chantant. On n'a donc pas tellement l'impression d'être face à une comédie musicale, mais plutôt un opéra. D'ailleurs, tout le récit semble se construire autour du premier degré (ce qui le rend d'autant plus fort), il n'y a pas de métaphore (à part une qui se fait passer pour une illusion du héros, comme si on l'avait rationalisée).

Quand on va voir un Burton, on espère de lui le meilleur. Comme il est le seul à offrir ce qu'il offre, on espère surtout qu'il aura tout donné pour que lorsqu'on visite son oeuvre unique, on ne se sente pas déçu. En somme, chez Burton, on cherche le meilleur Burton. On veut assister au moment précieux où l'artiste se libère et laisse jaillir de lui son bijou (peut-être n'est-ce pas ce film qui est son bijou, mais sa filmographie l'est en soi et c'est déjà pas peu faire).

Et au final, Sweeney Todd est tout au-dessus dans la filmographie de Tim Burton. Sa mise en scène a vraiment atteint son plus haut niveau (un vrai travail de mise en scène très intelligent). Le tout est excitant sans qu'on ai besoin d'intellectualiser quoique ce soit (ce que je n'ai fait qu'après coup). Sweeney Todd est surtout une aventure, une noirceur, un comédie vraiment drôle aussi, une musique, des actes visuels complètement bluffants (le rêve qu'ils font d'un autre monde idéal où tout va bien, que de plans hallucinants), de la quintessence Tim Burton. Avec un Johnny Depp absolument en harmonie avec son sujet, une Helena Bonham Carter qui va faire mal, très mal, un Alan Rickman que je pourrais regarder mille fois sans jamais me lasser tellement il est outrageusement méchant (la scène du tribunal est à mourir de rire), et enfin un Sacha Baron Cohen lâché comme un chien fou (et qui a la façon de toquer aux portes la plus drôle qu'il m'ait été donné de voir).

Et cela vaut toujours la peine de voir ces peintures droites sorties d'halloween parce que Tim Burton est le seul à en faire et que personne n'en fera jamais plus après lui. Il est seul dans son art et le maitrise au-delà de toute espérance. S'il avait été aussi doué comme il est maintenant lorsqu'il a fait Edward aux mains d'argent, je n'ose même pas imaginer ce que cela aurait donné. Ne lui reste plus sans doute qu'à revisiter sa propre filmographie et encore, toujours chercher à faire son grand chef-d'oeuvre qu'il a peut-être déjà atteint ? (ou qu'il n'atteindra jamais)...

Vu son traitement d'un classique, je serais bien curieux de voir ce que donnerait un Burton basé sur un Shakespeare. Quand le matériaux est aussi puissant, il est toujours fascinant de voir un auteur avec une identité aussi forte s'y attaquer. Pourquoi pas un Hamlet ? Pourquoi pas un Don Juan ? Le tout vu par Tim Burton... Cela mérite réflexion...


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Zeitgeist - part 1

Alors là je vais vous parler d'un film pour lequel l'expression "valoir la peine" est largement insuffisante.

Trois parties séparent ce documentaire. Une exploration des mythes, une dénonciation du 11/09 et enfin une analyse de cette "oligarchie qui contrôle le monde".

En somme, rien de nouveau pourrait-on dire. N'importe quelle collection un temps soit peu intéressée saurait jouer sur notre curiosité pour de tels matériaux et vendre sa petite oeuvre soi-disant accusatrice qui a l'art de tourner en ridicule le sujet même qu'elle traite par une exagération dramatique dans l'Acte III complètement hilarante ou bien qui se détruit toute seule en critiquant le mensonge et la manipulation tout en manipulant de la même façon son spectateur à travers des dramatisations idiotes. On ne compte pas le nombre d'âneries qui existent dans le domaine des documentaires en matière d'UFO, de crop-circles, de conspirations du gouvernement, etc, etc... Parfois je me dis que le gouvernement lui-même à intérêt à investir dans les documentaires qui l'attaquent parce qu'ils sont tellement mal faits que de toute façon, ils immunisent contre toute agression l'ennemi même qu'ils cherchaient à combattre.

Mais que se passerait t'il si l'un de ces documentaires vous donnait l'impression violente qu'en lui se trouvent des réponses que vous cherchiez depuis longtemps. Et que la vision de ce film vous ferait soudainement bondir et vous dire : "ça y est, ils ont trouvés un truc là !".

Zeitgeist est de ce genre là. Il semble même plus ou moins maudit (premièrement parce que personne n'en parle) et qu'il n'est même pas présent sur IMDB.com (censé répertorier toutes les productions). Il existe donc une sorte de petit mythe sur Internet comme quoi ce film serait tellement dangereux face à l'establishment, tellement intelligent face à lui qu'il aurait la force d'un "Le Meilleur des mondes" d'Aldous Huxley ou d'un "1984" de George Orwell.

Le réalisateur est tellement sûr de son coup, tellement désireux que tout le monde voit son film qu'il le met en téléchargement sur son site Internet (vous pouvez voir le film sur la première page du site où aller "DVD et Download" pour le télécharger en torrent. De plus, il est prêt à vous envoyer son film si vous décider de réaliser une projection publique (de préférence sans bénéfice). Pour le réalisateur, Zeitgeist ce n'est pas seulement un film. Il s'agit du nouveau Robin des Bois du 21ème siècle.
Attention aussi que certaines scènes peuvent être extrêmement choquantes de par leur violence.

Et si l'expérience de Zeitgeist vous a plu, n'hésitez pas à tout bonnement l'acheter. Il s'agit bel et bien là d'un système de vente propre à Internet à ne pas négliger et qui se fait de plus en plus de manière officieuse : "regarde mon film gratuitement et si t'aimes, achète-le".

Et si vous n'êtes pas encore convaincu par la véritable bonne foi de l'auteur, il existe un transcript de la première partie du film (image et texte) où toute la narration et les faits sont repris. ET EN PLUS, si vous n'êtes toujours pas convaincu que l'oeuvre puisse en valoir la peine, il existe une page sur le site officiel où les sources principales sont énumérées. C'est bien la première fois que j'entends un documentaire donner des sources, les essais ne le font presque pas eux-mêmes.

Anti-religieux, anti-totalitaire, anti-11 septembre, anti-plein de trucs



Pour ne pas cacher d'iceberg sur le trajet du Titanic, je préviens tout de suite que ce film se sert de la compréhension qu'il a du monde (et quelle fantastique compréhension par ailleurs) pour attaquer les gouvernements, les banques, le Vatican, Bush, le guerre anti-terrorisme... C'est le but de sa découverte intellectuelle qui n'a en elle-même qu'une seule utilité : dénoncer.

Mais cela n'empêche pas une seconde de jouir complètement des informations données pour lesquelles il n'est pas impératif de parvenir aux mêmes conclusions que le narrateur. Les premières vingt minutes du film vont consister en une sorte de claque gigantesque, sans aucune pitié, sur les mythes. Quel est le rapport entre Horus (Dieu du Soleil de l'Egypte) et Jésus. Pourquoi Jésus, fils d'une vierge, est-il mort 3 jours avant de ressusciter, comme l'ont été avant lui Dyonisos (Grèce), Mithra (Perse). Et quel est le rapport qu'entretient Jésus avec Krishna (Inde) et Attis (Phrygie). Et quel serait le rapport inattendu entre le Soleil et Jésus ? En somme, et tous ceux qui se seront intéressés aux mythes y trouveront un sens profond, d'où viennent ces motifs qui se répètent à travers les mythes (les Assyros-Babyloniens parlaient déjà du Déluge avec Out-Napishtim), les religions, en somme les grands textes fondateurs qui parfois ont définit la croyance de civilisations entières. Et si ces motifs on a tous pu les percevoir en se demandant d'où ils pouvaient venir, c'est bien la première fois que j'ai été secoué de la sorte par l'interprétation que Zeitgeist offre.

Le narrateur, un peu irrité, l'air de dire : "vous suivez bande d'idiots ?", va magistralement donner une Pierre de Rosette sur l'analyse des mythes, sur les motifs qui les ont construit, sur les symboles qui existent de "l'Epopée de Gilgamesh" jusqu'au Nouveau Testament. A t'il raison au final ? Trouve t'il réellement ce qui a construit tous les mythes ? A t'il découvert ce que l'Anti-Babel aurait aidé à découvrir ? Personnellement je suis déjà en train de me dire qu'ils ne doivent pas être loin d'une réponse fondamentale. A vous d'aller vite voir le film sur Internet et de me dire ce que vous en pensez.

Alors bon, après vient la deuxième partie qui répète que le 11 septembre c'est un "inside job". On l'a déjà entendu souvent, les preuves sont parfois accablantes, mais il ne s'agit simplement pas de mon champ d'expertise et je ne m'y intéresse que très peu (tout le tort étant pour moi certainement). A vous de voir ce que vous retirerez de cette seconde partie.

De façon assez grossière, la narration de Zeitgeist est la suivante : les fondations judéo-chrétiennes sont basées sur une soumission à du vent, et donc, une fois que j'ai brisé les fondations, je peux me permettre de casser le présent d'une civilisation judéo-chrétienne. C'est assez léger voire même malsain, mais cela n'empêche absolument pas de jouir de chaque partie du film séparément.

Les oligarques qui contrôlent le monde



La troisième partie redevient de nouveau excitante. Toutes les thèses conspirationnistes sont d'accord de dire qu'il existe un pouvoir au-dessus des pouvoirs. Comme si des mains invisibles tiraient les ficelles des gouvernements et que finalement les chefs d'états ne faisaient que suivre des ordres d'une anti-chambre suprême qui a son propre agenda sur les méta-lignes du monde. Est-ce la Rose-Croix, les Skulls and Bones, ou d'autres mouvements légendaires et historiques infiltrés ?

Personnellement j'ai toujours eu un mal de chien à adhérer à l'idée d'une puissance occulte qui puisse posséder un tel pouvoir. Surtout si on considère l'autorité historique de la conjoncture, d'un système économique donné ou encore d'un mode de pensée établit par les sociétés et les êtres humains qui est une force plénipotentiaire dans la construction du monde.

Mais justement, Zeitgeist, et c'est bien le premier document qui avance une théorie fracassante sur cette oligarchie qui contrôle le monde (le monde étant principalement lié aux Etats-Unis bien évidemment), va un cran plus loin. Le film soulève un voile où mon ignorance était immense. Et comme il s'agit quand même de la fin du film, je ne vais tout spoiler. Mais il mérite une profonde réflexion. Il existe un organisme qui se trouve autour de nous, à presque chaque coin de rue, qui a été bâtit par des familles illustres d'hommes d'affaires, depuis la Renaissance florentine jusqu'à nous, et qui a un pouvoir sur les dettes, la monnaie, l'inflation...

Là je ne vous apprendrai rien sans doute, tous les alter-mondialistes n'arrêtent pas de dénoncer le FMI et la Banque Mondiale depuis 10 ans. Mais il est d'autant plus intéressant de regarder Zeitgeist parce que justement le film jette un oeil sur ce qui ce serait passé aux Etats-Unis au 20ème siècle pour que des pouvoirs aient pu devenir aussi puissants que l'état. Et ensuite, quel intérêt ces pouvoirs auraient à ce qu'une guerre continuelle existe (guerre interminable = guerre contre le terrorisme, par définition sans aucune finalité). Et cela mérite encore une fois une profonde réflexion, une profonde analyse et une profonde recherche.

Je termine juste en disant que finalement ceci n'est que la première partie consacrée à Zeitgeist. Je chercherai de quoi être encore plus critique par rapport aux théories avancées dans le film. Parce que pour la première fois depuis bien longtemps j'ai le sentiment que ces gars là ont mi le doigt sur un truc extrêmement résonnant. Il ne s'agit pas de théories absurdes sur les chiffres secrets, les codes ésotériques, mais bien d'une réflexion qui vaut véritablement la peine d'être mise en chantier. Le film peut être critiqué pour manipulation, dramatisation, sélection bien précises d'informations, mais il ne peut pas être critiqué pour son jaillissement d'idées et l'impact qu'elles ont sur la connaissance. Comme je le disais, le film va se servir de sa connaissance pour dénoncer, critiquer, va aller jusqu'à dire que Jésus n'existait pas. Et au final, on peut très bien refuser ses conclusions. Mais je suis persuadé que vous serez du même avis que moi, il est impossible d'être de glace face au développement de ses idées. Zeitgeist est clairement un niveau au-dessus des autres.

Zeitgeist... S'agit-il là du nouveau "1984" ?


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Don Juan de Marco

Petite citation du film "Don Juan de Marco" de Jeremy Leven. La scène est celle entre Don Juan (Johnny Depp) et le docteur Mickler (Marlon Brando) que Don Juan appelle Don Octavio. Le film est, dit-on, basé sur la version de Lord Byron (Don Juan), catégorie littérature britannique.

Il s'agira une fois de plus d'un texte anglais, mais j'ai un peu de mal à me forcer à traduire ce qui a été dit correctement.

By seeing beyond what is visible to the eye. Now there are those, of course, who do not share my perceptions, it is true. When I say that all my woman are dazzling beauties, they object. The nose of this one is too large; the hips of another, they are too wide; perhaps the breasts of a third, they are too small. But I see these women for how they truly are... glorious, radiant, spectacular, and perfect... because I am not limited by my eyesight. Women react to me in the way they do, Don Octavio, because they sense that I search out the beauty that lies within until it overwhelms everything else. And then they cannot avoid their desire, to release that beauty and envelope me in it. So, to answer your question, I see as clear as day that this great edifice in which we find ourselves is your villa. It is your home and as for you, Don Octavio DeFlores, you are a great lover like myself, even though you may have lost your way... and your accent. Shall I continue?


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The Girl Next Door (2007)


Le film dont je vais parler n'a de rapport avec la comédie romantique que le titre. Et je ne conseillerais pas à grand monde de le regarder (j'espère que ça éveille au moins la curiosité).

Dans sa forme, The Girl Next Door traite de torture et d'abus sexuels. Et, selon le marketing qui l'accompagne, est basé sur des faits réels. Et surtout sur un livre de Jack Ketchum.

En quelques mots, ce film de Gregory Wilson traite d'une adolescente séquestrée par sa propre tante et ses fils, torturée, violée et violentée à un point difficilement supportable. Tout cela pourrait être montré du doigt comme un essai sur le choc de l'image et du récit si seulement ce film avait le moindre rapport avec l'escalade gore qui existe dans le cinéma. Où l'idée la plus dingue est la plus géniale.

Mais seulement voilà. Ce film n'est pas un film gore, loin de là. Et de façon la plus surprenante qui soit, il parvient à n'être qu'à peine choquant par une rationalité explicative de ce qui peut mener à la monstruosité humaine (tout dépend bien sûr de votre taux de tolérance à l'horreur, ce pourquoi je ne conseille de voir ce film qu'à ceux qui savent rester complètement neutres face à l'image et comprendre ce qu'il y a au-délà de la forme présentée. Sinon je pense que vous allez vomir très très vite).

Dans ce requiem atroce, on suit un certain David qui va être témoin de ses horreurs. Il est en effet amoureux de Meg, la jeune séquestrée. Ils ont à peine entre 13 et 15 ans. David sait que Meg est séquestrée et battue, il assiste aux scènes où la tante et ses fils la frappent. Pourtant il n'en devient jamais complice. Il ne frappe pas. Mais ne dénonce pas non plus. Tout se joue dans un maelström de sentiments et d'idées non dites. Où l'autorité et la peur que fait naître la tante va mener le jeune David à laisser les choses se faire jusqu'au bout. Car attention, cette histoire ne dure pas un jour ou deux. La séquestration dure longtemps, très longtemps. Et au plus la séquestration dure, au plus d'autres jeunes adolescents viennent observer les scènes d'horreur.

Il faut les condamner ! C'est affreux ! Comment laissent-ils l'horreur apparaitre dans leur vie sans la rejeter ? Eh bien parce que le film est un document. Un document brilliantissime sur comme l'horreur peut arriver dans la vie de n'importe qui, faire son nid et s'y installer ne serait-ce qu'un court moment. Ses pires armes sont l'autorité (Stanley Milgram), l'acceptation graduelle de l'horreur, la rationalité et le sourire monstrueux qui s'émacie au fond de nous, pour nous rappeler que l'animal n'est en fait pas si loin que l'on souhaiterait le penser.

Face à sa propre observation, le spectateur devient complètement fou. Inerte. Laissé face à sa propre compréhension des évènements, l'interprétation qu'il fait de comment tout cela est arrivé en devient un aveux secret pour lui-même. Nous sommes tous spectateurs de l'horreur et condamner ceux qui le sont aussi n'aide pas celui qui veut s'en débarrasser. Quand Stanley Milgram a montré dans son expérience sur la soumission à l'autorité ce que pouvait faire un être humain à un autre, il a aussi donné une arme puissante à ses descendants. Celle d'être conscient de l'horreur (de sa propre horreur) et ce qui peut mener un non monstre à en devenir un. Et ainsi, une leçon sur comment savoir s'en défendre par sa complète acceptation.

Artistiquement, ce film est la complète réponse à la question "les films violents mènent ils à la violence ?". Eh bien il existe des films violents qui peuvent aider à s'en débarrasser. Parce qu'ils montrent honnêtement, avec une honnêteté tellement puissante qu'elle en devient elle-même le sujet du vrai monstre, ce qui peut y mener. Il y a ceux qui y trouveront une façon d'exercer la violence eux-mêmes et il y a ceux qui ne voudront pas être complice. Et ce film, comme l'expérience de Milgram, donne l'opportunité de ne pas être complice. Il donne un allié important à celui qui accepte sans crainte ce qui peut être, la conscience.

Tout ce qui peut être est une large idée. Et il vaut mieux savoir plutôt que d'ignorer. Sous peine d'être un jour complice du tout peut arriver.

Bien plus osé que "Orange Mécanique" dans son visuel, "The Girl Next Door" ne lâchera pas celui qui le regardera jusqu'au bout. Il y a une telle force dans ce film. Une intelligence tellement profonde et tellement juste que le document s'élève haut, très haut. Il peut être vu et revu comme "Vol au-dessus d'un nid de coucou" peut l'être. Avec cette précision quasi scientifique et sociologique.

Heureux soit celui qui découvre l'horreur à travers l'oeuvre de fiction. Il n'aura pas à se défendre envers lui-même de n'avoir pas agit à son encontre. L'oeuvre de fiction violente (extrêmement violente) peut apporter au moins cela. Le spectateur est privilégié. Il ne sera jamais mal jugé d'avoir vu sans agir. Parce que l'oeuvre est fiction et que tout le monde le sait.

Certains diront que "The Girl Next Door" est pédophile etc... Personnellement, je dirais que ça ne l'est pas. Que c'est à mille années lumières d'un film violent. C'est avant tout un film honnête (trop honnête ?) et intelligent. Sans monstre, sans prison à la fin, sans moralisation, sans concession. La violence n'est ici que la forme d'une expérience bien plus profonde, bien plus intellectuelle. Perso je dirais que c'est un film très important. Vraiment très important, comme il en existe peu. Mais n'oubliez pas si vous voulez le voir que ce n'est pas pour tout le monde. Vraiment pas.

LIENS: Site Officiel - Bande annonce - Les faits expliqués par Wikipedia

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Death Proof



Comment dépasser la citation ?



Si l'expérience Grindhouse je ne la connaissais pas du tout (ni l'expérience Pulp), j'ai quand même pu trouver de quoi comprendre l'exercice formel du dernier Tarantino par une profonde admiration des films gore et de genre (John Carpenter, Peter Jackson, Sam Raimi, Stuart Gordon...) où l'art (indéniablement présent) n'est souvent pas reconnu par faute d'une forme qui ne se veut pas intelligente.

Dans ce film, tout y passe. Les fautes dans la continuité, les mauvais raccords, les seconds rôles surjoués, les montages ratés, l'éclairage prétendument surexposé, la bande son trop forte, les scènes à rallonge, le scénario savamment inégal, l'absence prétendue de professionnel, le mauvais équilibre des trois actes, les ombres de caméra, les bobines perdues ou brûlées, tout devient objet d'art. Comme lors de ses précédents films, Tarantino donne l'impression de citer. Et pourtant, avec son talent qui lui est propre, sa citation semble toujours lui appartenir.

En gros, l'exposition du film est là. Musique tonitruante où la voix des acteurs est inaudible à l'appui, Tarantino ouvre la première partie de son film soi disant hommage. A partir de là, un défi apparaît très vite, comment parvenir, dans l'exercice formel, à gérer ce qu'il veut faire avec ce qu'il peut faire. Ses règles sont extrêmement strictes : il ne peut pas utiliser de moyens techniques qu'un réalisateur de série Z n'aurait pas pu avoir. Ou du moins, pour être intègre avec son projet, il doit impérativement donner l'impression qu'il n'en utilise pas plus. Pas de cascadeur (et donc pas de professionnels !), pas d'effets spéciaux et encore moins de multi-caméra. Tarantino est donc livré à son propre talent de metteur en scène. Et c'est alors que s'ouvre la deuxième partie du film qui est certainement la plus surprenante (lorsque la citation se termine et qu'il en vient à citer la première partie du film).

Une de ses trouvailles les plus ingénieuses est de faire jouer la cascadeur avec qui il travaille depuis Kill Bill, Zoé Bell (il donne sciemment son vrai nom au personnage par ailleurs). Elle lui permettra de préparer sa scène finale, grandiose, sans pour autant sortir de son exercice. Au lieu de s'interdire une scène folle, il décide de simplement faire jouer sa cascadeur et ainsi, de réaliser une scène digne de Werner Herzog dans sa folie furieuse d'Aguirre la colère des Dieux ou Fitzcarraldo. Et c'est là que le combat entre ce qu'il veut faire et ce qu'il peut faire prend tout son sens. La scène finale va bien au-délà que tout ce que les réalisateurs de série Z aurait pu faire. Tellement dangereuse, tellement effrénée que soudainement Tarantino offre à son public une scène qui dépasse son exercice. Et pourtant, magie des magies, il parvient à créer l'illusion parfaite. Tout du long, on se dit que ça aurait pu être fait, qu'un réalisateur fou (tel Werner Herzog), s'il avait été prêt a tuer ses acteurs par enthousiasme, aurait pu parvenir à cette scène.

En cela, la scène finale répond au combat qui s'est tenu secrètement dans l'expression artistique de son auteur (entre ce qu'il veut faire et ce qu'il peut faire). L'exercice formel de Death Proof a été contourné et est resté intact jusqu'au bout.

En cela, le découpage surprenant en deux parties bien distinctes qui semble découper l'histoire en deux actes (ce qui est très rare dans un récit) est un bijoux en soi. La première étant la citation (bien qu'indépendante), la seconde étant étrangement la citation de la citation. Avec comme apport qu'elle se préocuppe avant tout de dire : "c'est dans le code que je m'exprime moi". Ce qui pourrait sembler purement absurde pour un film qui se veut un clin d'oeil. Mais pour quelqu'un qui sait comment écrire et comment mettre en scène ce qu'il écrit, il n'y a qu'un pas pour gérer toutes ces contradictions.

Une deuxième chose que Tarantino va se permettre pour immiscer dans le récit ce qu'il veut faire, c'est le féminisme. Si la première partie représente la misogynie (Stuntman Mike est un misogyne maniaque qui tue les filles à la vie futiles), la seconde en est la réponse directe. S'il n'est sans doute pas féministe, il aime passionément les femmes et a représenté à plusieurs reprises un monde où l'homme perdra (Stuntman Mike se prend la râclée de sa vie après avoir pleuré comme une fillette). Il se permet donc, sans pour autant, encore une fois, s'éloigner de son exercice, de vivre dans le code complètement librement, et de s'y exprimer personnellement. Il fait donc gagner la femme forte et sexuellement libre et sans complexe dans un rebondissement plus ou moins inattendu et qui n'a plus rien de l'hommage (mais qui brillamment reste dans l'exercice, grâce à un humour typique des films de genre où l'amateurisme du point pivot est accepté entièrement et devient le passage le plus apprécié).

On peut aimer ou ne pas aimer Death Proof. Mais on ne peut pas nier l'intellectualité complètement maîtrisée de Tarantino qui s'exprime à traver la mise en scène comme un philosophe s'exprime à travers des mots. Tout l'art des plus grands réalisateurs du cinéma a été d'expliquer leurs idées sans jamais utiliser une ligne de dialogue, par un outil qu'est la mise en scène. Si Death Proof n'en est pas l'exemple parfait, il fait pourtant partie de ces films à mise en scène que les réalisateurs nient de plus en plus.

En résumé, Tarantino jongle toujours autant avec le récit, le montage, la forme et le fond qui s'exprime à travers un amour du cinéma. Mature comme il l'est dans sont art, il traverse tous les pièges sans problème et parvient à offrir une oeuvre pop au sens le plus fun du terme tout en donnant sa science et son savoir faire dans chaque domaine de la réalisation. Un vrai professeur. Que dire de plus de quelqu'un qui a réussi à avoir comme argument de vente sur son affiche de Kill Bill 1 : " le 4ème film de Tarantino" ?

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