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Posté par Brandnew - dans la catégorie les pires films les plus interessants
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The Brain that wouldn't die (1962)

The Brain that wouldn't die est un film de Joseph Green (1962). Ce réalisateur n'aura eu que trois réalisations à son actif. Ce titre célèbre mais dont on ne sait pas vraiment d'où il vient est une sorte de lointain cousin du roman de Mary Shelley (Frankenstein), mais plutôt le cousin de qui on n'ose pas vraiment parler aux réunions de famille.

Ici, un docteur ambitieux pénètre le mystère de la vie et parvient à ressusciter les tissus organiques morts grâce à un produit chimique dont on ne saura jamais rien si ce n'est qu'il est dangereux.

Alors qu'il est avec sa future femme au volant de sa flambante voiture de course, le docteur perd le contrôle de son véhicule et bardaf... c'est l'embardée. Croyez-le ou non, il survit. Je dirais même plus, il parvient à sauver sa femme dont le corps est resté coincé dans le cadavre gisant de la Bête automobile. Enfin presque. Car le docteur ne parvient malheureusement pas à sauver toute sa future femme. Eh non, je ne sous-entends pas. Il parvient seulement à lui sauver sa tête (c'est déjà ça).

Grâce à ces tubes à essai, ses flacons qui font des bulles, les "pop" et les "bub" de la bande-son. Grâce à ses tuyaux dans lesquels des liquides verdâtres et noirs s'écoulent sans arrêt, grâce à sa connaissance du matériel de l'apprenti chimiste (un jeu MB), le docteur parvient à ressusciter la tête de sa femme.

Ce geste amoureux que l'on pourrait qualifier d'extrêmement romantique tourne rapidement au cauchemar lorsque le docteur cherche un corps de top modèle qu'il consent à raccourcir pour l'offrir à sa Iseult décapitée. Mais pendant ses recherches de prédateur, il n'entend pas la tête de sa femme qui parle à présent, réclamant vengeance pour le mal qui lui a été fait. Elle se sent tel un monstre en ire et découvre dans son appétit vengeur une force ultime. Celle de pactiser avec une monstrueuse erreur de la nature, enfermée dans un cagibi, et dont on n'entend que les frappes affamées sur la porte (une pour dire "oui", deux pour dire "non"). La tête, ce "cerveau qui ne veut pas mourir", fait de l'immonde son allié et parvient à le faire sortir de sa geôle pour empêcher le dernier meurtre par une justice incompréhensible. Celui qui allait apporter un corps à la femme décapitée. Et ainsi, dans les flammes du grand final, des enjeux mystérieux se résolvent soudainement, aussi rapidement que la lame d'une guillotine. Et laissent le spectateur dans un état fragile où ses cadres d'analyses habituels n'ont eu aucun pouvoir sur l'Å“uvre qu'il vient de juger.

Certains films sont des handicaps à eux tout seul. Leur rythme est étrange, différent. Les couplets semblent mille fois plus longs que le refrain. Ils semblent sans fil conducteur précis si ce n'est une histoire surréaliste où chaque avancement du récit apporte un nouveau thème plus ou moins déjà vu mais qu'on avait jamais osé mettre avec les autres, surtout pas dans cet ordre là. Ces films parviennent à être originaux dans leur inspiration presque animiste, leur vol impudique et à la fois, ils ne le sont jamais vraiment et on reste perplexe quant au sens qu'il y a eu d'un jour jamais y avoir porté attention.
Ce sont des sortes d'échecs infusés, dont on a trouvé la combinaison et dont a coulé le porte-avion dès les premières minutes de la partie. Parsemés de coïts légers comme le Petit-Poucet de petits cailloux blancs. Mais jamais d'orgasmes. Où le potentiel peut se ressentir mais où rien ne l'a exploité. Où les moments les plus importants sont les plus courts et les plus anecdotiques sont les plus longs (des plans séquences interminables sur quelqu'un qui marche, mais trois secondes d'attention sur le final).

Et pourtant...

Il existe une liste où ces films peuvent être reconnus, c'est celle "des pires films les plus intéressants". Les plus intéressants sans doute parce que ce sont des OVNI qui tombent d'on ne sait d'où. Que malgré le patchwork incroyable qui les a vu naitre, ils préservent une identité pleine et sereine. Eh que bien qu'ils soient mauvais, eh bien ils sont bons. Comme s'il y avait un message caché dans leur 25ème photogramme. Ils sont "à côtés". Leur dynamique est gauchère. La dramatique dont tous les récits se bourrent comme des alcooliques à longueur de temps par manque de fond, ils ont le mérite de ne l'utiliser que très mal. Ils ne marchent pas comme les autres et on ne peut pas les comprendre soi-même avant d'avoir décidé de regarder autrement, d'avoir un peu de patience et d'acceptation.

Par bonheur, il arrive même que dans cette ténèbre perpétuelle où git l'Å“uvre orpheline de toute fondement, des petits éclairs viennent illuminer la pénombre. Comme si leur incompétence les avait menés vers des essais de narration et des étrangetés de réalisation pouvant apporter un sentiment proche de l'admiration. Même d'adulation, si on décide d'aimer ces expériences aberrantes fournies par légion à travers la série Z.

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