Tri : Par hit | Super catégorie : le mangeur - Lost - film
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Gran Torino - Les douleurs de la virilité



La virilité n'a rien à envier en complexité à la féminité, preuve en est ce film. Un vieil homme roublard, droit sorti de l'usine des monsieurs Miagi, encore trop loin de lui-même pour pouvoir se confesser face à l'Eglise, et donc face à cette part de lui-même où résident l'innocence et ce visage tolérant de l'honnêteté ; vétéran de la guerre de Corée, comme Clint Eastwood, mais n'ayant sans doute, encore une fois comme le réalisateur, jamais tiré sur qui que ce soit, (ou bien alors à l'arme blanche dans des films de Sergio Leone).

Gran Torino est une voiture qu'il ne conduit pas, qu'il ne conduira jamais ; laquelle il ne fait que chouchouter et observer, sans que cela ne l'empêche de vivre émotionnellement dans l'univers de ceux qui la conduisent. Après tout, sa Gran Torino, c'est un peu son art, sa comédie, tel quand dans la carrière du réalisateur son art l'a mené à incarner des existences qui n'ont rien à voir avec la sienne, jusqu'à ce qu'un jour il ait dû voir derrière lui des empreintes de pas autres que les siennes, comme si un maelström de vies imaginées finissaient toujours par nous hanter. Comment "The Man With No Name" pourrait-il résister à ne pas devenir l'Inspecteur Harry à force de trouver en lui de quoi le jouer ? La dureté, la férocité, la virilité, ces éléments qui ont fait avancer le destin des hommes tout en les éloignant de leur enfance et de leur innocence.

Gran Torino, même si par des moyens très secrets, parle de ça. Walt Kowalski, n'est rien de plus qu'un menteur, rien de plus que quelqu'un qui une fois cerné n'a rien de ce qu'il prétend avoir. Ce n'est pas facile à voir dans le film, le mensonge est raffiné, caché derrière une histoire où semble prédominé la forme Karate Kid, ou simplement le récit d'un mentor et son élève. Mais une fois les éléments mis les uns à côté des autres, on ne peut que se trouver épater de la timidité élégante avec laquelle c'est fait; ainsi le film parle de cette douleur de la virilité qui s'enferme, qui étouffe son propriétaire et finalement l'avale entièrement.
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Transformers 2 - Une oeuvre métaphysique


Transformers 2 est le plus grand film McDonald's de tous les temps. Voir ce film équivaut à ce que l'on doit ressentir lorsque l'on mange des frites pendant quatre heures. Tout le rêve américain et l'exportation de la folie consumériste résumée en deux heures et demi. L'impression d'une éruption de pizza dégoulinantes, de barbarie télécommunicatives. Un narration implosée au point de la démence, une bande annonce lâchée en continu pleine de fautes de goût presque parfaites à les voir si grossières. Le final est un mystère total, le cerveau ne parvient plus à enregistrer la moindre information. Jamais je ne me suis senti autant lobotomisé, incapable de bouger, au bord de l'épuisement et de la cathatonie. Cela commence par des sueurs froides, de l'anxiété visuelle et accoustique au point où plus rien n'apparaît avoir de sens, toute forme de subtilité est réduite en purée. On n'en vient à oublier son propre nom, qu'est-ce qu'on fait là, si on rêve ou si l'on est dans sa cuisine en train de cuire des pâtes. Transformers 2 est un film industriel réalisé de la même manière que dans une usine de Coca-Cola ou de General Motors, avec des moments de grâces d'une profondeur inouïe. Ca pétille comme du Fanta bourré d'amphétamine, de cheeseburger, mélangé à des soupes et des soupes de merde entrecoupées de réels potentiels narratifs normaux. Les turbines et les rotatives sont lancées à plein régime, anéantissent toute forme de discernement, de logique, de pensée. Un peu comme ce que le personnage d'Orange Mécanique subit lors de sa réhabilitation, avant qu'il ne jure de ne plus jamais être criminel.

Michael Bay avait parfait son art de la publicité et du clip tout en respectant une réelle histoire dans Transformers 1, ici, le tout est complètement métaphysique. Son propre langage cinématographique sert un dégoût profond de ce qu'il fait, une déception invraisemblable du consumérisme, de la propagande de guerre, de CNN, de Fox News, du machisme, des femmes plastiques, des clichés machistes, avec malgré tout une profonde foi en l'être humain, son sens de la compassion et du sacrifice. Le video-clip final (car ce ne sont pas des actes mais des video-clips) est aussi extraordinaire que le dernier plan sur le visage féminin de "la Dolce Vita". Michael Bay ne fait pas que détruire, mais croit en la beauté et en l'amour, le reste du visuel n'est qu'une sorte de mouvement furieux où tous les hommes se perdent.

Je ne sais pas comment conseiller cet ovni, ce pur moment de grâce cinématographique car il est très difficile d'être empathique par rapport au résultat sans soi-même accepter sa métaphysique, mais je suis soufflé, éberlué, en complète harmonie avec ce qui a été présenté (voire aussi la nouvelle Le Mangeur un peu plus bas dans ce blog qui dans sa version finale devrait donner le même résultat de nausée que la nausée de Transformer 2). Michael Bay ferme un cycle, et mérite complètement le titre d'auteur, car jamais personne n'est parvenu comme lui à dégoûter des marques, du matérialisme, des bombes, du feu, des guerres, des jouets, des téléphones portables et de toute la sensualité plastique des rapports de séduction. Invraisemblablement bien fait, jusqu'au bout, sans concession, absolument brillant et inregardable.
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Le Mangeur

Racle ta gorge, mâche, mange, gros estomac. Ô mon grand mangeur, mon grand ventre, mange tout ce que tu peux ; car ce que tu peux, tu le dois !

Lorsque le soleil se lève ce matin-là, il n’a plus d’ardeur, il est essoufflé. Son manteau brille timidement. Au sol, le mangeur sieste, jambes écartées, attaché à cette terre sans sel dont il est l’avidité. Il n’y a plus de nuages entre lui et l’astre meurtri, partis qu’ils sont après la grande vague de sucreries, après que les porcs aux groins de goinfre aient assemblé de hauts tubes en caoutchouc, assez hauts pour en aspirer les carbones, les foutre dans leur bouche. Mâcher, bouffer, bouffer les nuages !

L’œil gras du mangeur s’ouvre tandis qu’une lumière pétrole se faufile au travers des gratte-ciel. Dans l’immense ville, des parties de la nuit se cachent au derrière des immeubles. Le mangeur s’élève, titube de la beuverie nocturne, se sert quelques quartiers de la ville, fourre sa tête dans les sols sablonneux, pleins de sucre perlé, de fondant, de saccharose, de glucose. « Ô mon grand mangeur, mon grand ventre ! » Il voudrait encore manger mais se retourne d’abord vers la veille. Pourquoi avait-il dormi jusqu’au matin ? Qu’ont fait les porcs aux groins de goinfre cette nuit ?

Au sud, dans la faune, d’où résonne le tambour, les porcs aux groins de goinfre concoctent leur prochaine salve, l’estomac impatient. A l’orée, le mangeur hume leurs préparatifs alors qu’ils dressent des conciliabules. Il renifle un peu plus fort, sent les troupeaux gratter des grottes dans les sous-sols, à la bouche, langues comme des pelleteuses, affrontant les racines sucrées, par leur poids attirés vers le centre de la terre, vers le soleil réfugié, sur lequel, dit-on, sont cuits les plus beaux lardons.

Le mangeur doit protéger du mieux qu’il peut la ville de gratte-ciel noirs. Il craint les porcs aux groins de goinfre, que leur appétit ne dérobe ses friandises, ne détruise à jamais sa ville et ses gratte-ciel ; eux, ces infâmes intestins ayant mâché ses enfants cependant qu’ils vaquaient à leur cerf-volant, trop aux abords de la faune, ayant enrobé sa chaire épouse dans de l’aluminium, histoire d’en conserver la fraîcheur, avant de l’emmagasiner dans une tartine géante où par tonnes ses pairs sont morts engorgés de mayonnaise. « Groouuuum ! Grouuumm !» avait-il entendu jusqu’aux portes de la ville, versant une larme sur sa joue ronde, une larme au goût salé, léchée avec caresse par sa langue orgasmique, exquisément mêlée à ses ragoûts de ferrailles, enfournés l’après-midi même afin d’en affaiblir le deuil.

Dès que la nuit s’effondre, que le soleil s’écroule d’un coup de masse, les porcs aux groins de goinfre bondissent hors de la faune, en meute, langues pendues et visqueuses, précédés de leurs cris de truie ; s’avalanchent sur la ville, plantent leurs molaires aux coins des immeubles d’où des formes de visages apeurés se manifestent, dont les plaintes alertent le mangeur. Hardi, le gardien titanesque traverse en trombe les légions de bouches qui s’amoncellent, aplatit d’un pied les corps purulents, assomme leurs crânes avec ses os rongés, brûle un grand feu duquel il défourne ses torches dont le ciel même ne pourrait être le toit ; rage contre la meute jetée à son ventre avec cette voracité d’insectes pullulants. Le gardien de la ville est mille fois plus fort que tous les porcs aux groins de goinfre, mais leur nombre fait décroître sa puissance. Bien qu’il soit un prédateur sans adversaire à sa mesure, il préserve trop de sa bête belliqueuse, trop de son chien grogneur que pour tous les chasser. Intrépide malgré tout, il allonge sa course en travers d’eux, proute sur leurs bedons puants, shoote dans ces petites têtes louches dont des gencives pourries restent mordues dans l’asphalte et le béton, shoote à ce qu’elles s’envolent tels des ballons. Sous ses pas battent les soupes de leurs corps péris, d’où émane un arôme de bière et de gaz.

Mais de plus dangereux enjeux habitent les salves, lorsque certains porcs aux groins de goinfre osent poser, au milieu des gratte-ciel, une oreille sur le rail. Le mangeur sait ce qu’il recèle. Parfois, alors que le tambour de la faune retentit dans son ventre, que son rythme sourd prend possession de ses membres, il se surprend lui aussi à y poser l’ouïe. Il peut entendre le refrain, le refrain de la locomotive sur les rails, cette poussée phénoménale qui vrombit à travers tous les paysages depuis l’enfer, ses wagons pleins de charbons noirs, suivie par des hordes de corbeaux protecteurs. De son voyage à l’horizon, elle ne peut nous atteindre seulement si notre tympan se prête à son rail. Mais il n’y a pas de ces repos dans lesquels sombrer sur cette route, confiants que nous ne l’amènerons jamais jusqu’ici. Car il existe des esprits prêts à mourir la gorge tranchée pour qu’elle vienne, qui malgré le son strident de sa venue ne penserons jamais à retirer leur nuque à temps du rail ; qui ne se soucient plus d’à leur tour être tranchés : les porcs aux groins de goinfre, habitants de la faune, dont seuls les contes pour enfants ne craignent de traiter. Le mangeur tremble en lui. Ramèneront-ils la locomotive jusqu’à la ville, oseront-ils vraiment écouter jusqu’au bout ? Hésiteront-ils à l’approche du sifflement strident, de cette poussée phénoménale qui vrombit à travers tous les paysages depuis l’enfer ? Le mangeur tremble car il croit que les porcs aux groins de goinfre, des marques autour du cou, ont ceci de terrifiant que lorsqu’ils amènent la locomotive sur sa route, celle-ci ne vient pas que pour eux, elle vient pour tous les hommes.

Au sortir de la lutte, cependant que les cadavres bronzent tranquillement du soleil, le mangeur délaisse l’agglomération de sa ville, l’esprit saoul. Il grimpe sur une butte d’où il brave ses gratte-ciel, en révérence devant la lumière du soleil. Epuisé de la bataille, il relaxe son menton au niveau de son torse et fixe cette tartelette ardente lui rendant en regard sa majesté. Il aimerait tant être muni d’une bouche assez grande pour s’en nourrir, tant son goût, tant sa rondeur.

Tandis que crépuscule le crépuscule, tandis que nuit la nuit, une tarte féminine et laiteuse, entourée de granulés célestes, se montre à la grande fable nocturne. Ensemble, des joyaux par milliers s’enquièrent de son envie. Le rythme sourd de la faune vrombit en son ventre. « Ô mon grand mangeur, mon grand ventre, mange tout ce que tu peux ; car ce que tu peux, tu le dois ! » Menotté, loin de ces désirs, il boit quelques de ses larmes, une mauvaise mine pendue à ras bord de son visage. Le mangeur aimerait tant tout manger. L’en empêche uniquement son esprit où régime et boulimie s’affrontent en pires ennemis. Même si la faim est parfois plus forte que tout, il ne veut pas devenir un porc aux groins de goinfre. « Tout mais pas comme eux » se dit-il, tout en émoi de sa chaire mère, partie trop tôt, dévorée par ces cannibales alors qu’il n’avait que cent douze ans.

Hurlent les visages sur les gratte-ciel noirs ! Une nouvelle salve vient de commencer. Electrisé, le mangeur arrache un tronc d’arbre, part bride abattue vers la ville, crie tous ses poumons sur sa route. A peine entré à toutes jambes par l’arc principal, il sonde les allées vides : derrière la statue à l’effigie de son grand-père, à l’intérieur du puits sans fond, derrière le battant de porte qui ne mène nulle part, voire du côté de la gare désaffectée face à laquelle le rail est droitement couché. Autour de lui les visages continuent leurs plaintes, ne lui offrant aucun indice sur le danger qui les affole. Surpris, le mangeur déambule dans la ville, à la recherche des porcs aux groins de goinfre. Alentour, les avenues se taisent, il n’y a de ces abominations dans aucun des couloirs de la ville. Inquiet, il rejoint le sud, du côté de la faune, source de sa misère profonde.

Dans la faune, les arbres bougent. Dans la faune, des brouhahas s’entrechoquent. Dans la faune, la meute jacasse. De la faune, quelque chose s’apprête à surgir. Les formes de visages rugissent dans son dos.

Alors qu’il fait face à l’orée, persuadé d’une manigance, des parfums irrésistibles pénètrent les narines du mangeur. Poussées par une bourrasque née de l’inspiration qu’il ne peut retenir, des milliers de petites fées odorantes grouillent et fourmillent dans son antre nasal. Au toucher des effluves les enjambant, ses vibrisses frétillent, s’ouvrent aux senteurs remontant à ses cornets qui goulûment se délectent de l’abordage dont ils sont les victimes. Tout s’efface dans l’esprit du mangeur, bien qu’un phare rouge et bruyant tente à tout prix d’en appeler à ses défenses. « Comment des êtres aussi abjects sont-ils parvenus à mélanger des essences aussi pures ? » admire-t-il alors que déjà sa vision s’étrangle, qu’une trappe se referme sur sa raison. « Ne sont-ils pas plus que de vils morpions pour pouvoir me piéger ainsi ? Comment pourrais-je ne pas m’émerveiller que de tels putrides adversaires soient à la hauteur d’une telle traîtrise ? » A la fois fasciné par ce surprenant virage au sein même de ses convictions et l’âme floutée par l’enivrante fragrance, ses pieds le convient au seuil de la faune, là où il s’est toujours défendu d’entrer. A peine fait-il quelques pas que deux lèvres juteuses se portent à sa bouche, un concentré aromates-et-épices que ses muqueuses et maintenant tout son être voudraient croquer.

Elle est là, dans ses bras, comme jetée dans son univers par surprise, belle, délicieuse, lourde comme lui. Il ne voit qu’à peine son visage, ne peut qu’à peine y porter un regard à tel point l’entrée spectaculaire de son corps ne laisse en ses pensées qu’un terrain vague, sans plus aucun de ses soldats pour le garder. Elle se frotte à lui, s’emmitoufle dans ses bourrelets avec aisance et savoir-faire, navigue ses passions comme on naviguerait l’amour lui-même, avec la maîtrise d’un marin connaissant tout des tumultes de la mer. La faune est dans son ventre et il ne peut plus qu’entendre son tambour. Il est le mangeur, le plus fort de tous les êtres, celui qui survit aux plus longues famines. Il est la bouche qui se sert de toutes les grappes tendues de la nature. « Je suis le mangeur !» s’écrie-t-il alors que déjà croque la poitrine de cette denrée qu’on ne trouve en récompense que des plus longs périples, cette femme longtemps pleurée, tant d’années cachée par les porcs aux groins de goinfre.

Le soleil brille au-dessus de la Terre comme jamais il n’a brillé, la lune se montre comme jamais elle ne s’est montrée. Et les granulés célestes, ces fèves majestueuses, dévoilent enfin tout de leur pâleur exaltante. « Je suis le mangeur !» s’écrie-t-il encore alors qu’il dévore tout entier le corps du cobaye devenu gibier. Il sait maintenant tout de sa puissance car elle cogne dans son abdomen, ses jambes, son cĹ“ur ; comme un torrent, elle a été libérée. Devant lui, plus profond dans la faune, le mangeur reçoit comme des bombes les congratulations que les porcs aux groins de goinfre s’administrent. Ses sens sont éveillés comme jamais auparavant, le monde entier lui parle et lui répète : « Mange ce que tu peux ; car ce que tu peux, tu le dois ! » Alors il s’enfonce dans la faune, traque les porcs aux groins de goinfre. Furieux, il gronde : « Tel est mangé qui mangeait trop ! » Ses proies fuient de terreur face à son appétit vengeur. Cependant qu’il n’en peut plus de se goinfrer, le mangeur grossit à vue d’œil. Les inconscients, les pauvres bêtes, jamais n’ont-elles pensé qu’un tel lion sur elles serait lâché. Jamais leur plan n’avait dépassé le fait même de la traîtrise.

La faune est maintenant déserte, il n’y a plus de porcs aux groins de goinfre, le mangeur les a tous tués. Il n’y a plus non plus d’arbres, de lianes ni de feuilles. D’ailleurs il suffit de se retourner, d’assister aux démarches éléphantesques de l’immense boule vorace, ce gros corps montgolfière, raccourcissant les gratte-ciel qui se noient sous sa salive diluvienne.

Bientôt c’est la ville qui s’éteint et ce n’est plus la ville que l’on voit. A la place du désert, le mangeur flotte au rez-du-sol. Ne reste qu’un vestige de la cité : le battant de porte qui ne mène nulle part que le mangeur, délivré, consomme enfin.


Le mangeur n’est pas boulimique, il est bien plus. Son appétit n’oublie jamais. Et même s’il en devient honteux, sa faim ne connaît pas les frontières, ne connaît pas les barrières, il engloutit tout ce qu’il peut enjamber.

Le mangeur, dans son insatiable folie, a mangé le monde. Son ventre est maintenant plus rond que Jupiter et il digère, il digère dans l’univers. Flottant comme un récif, les joues gonflées, il ne sait plus quoi manger.

C’est maintenant de la Lune qu’il essaie de se bâfrer. Son gras a réduit sa mémoire en purée. Il tend le bras une fois par mois, alors qu’à son contour la Lune rote. Il finira bien par l’attraper. Il finira bien par la mettre dans sa bouche d’où une mer de bave s’est mise à s’écouler.

Ne reste plus qu’un voyage à débuter. Car le mangeur ignore encore tout de sa faim et de ce qui peut être ingéré. Dans sa tête, il ne parvient plus à craindre le son strident de la locomotive rugissante, ce train furieux se rapprochant alors qu’est posée l’oreille sur son rail.

Au loin, le Soleil fier et revigoré l’observe maintenant dans tout son appétit. Et pour la première fois le mangeur voit enfin. Choyé dans le grand bain de sa chaleur, il mijote en son sein, salive à l’idée de toutes les merveilles qu’aucune faim, ni celle du mangeur le plus vorace ni celle des porcs aux groins de goinfre ne pourront jamais vider.

Le mangeur part à la dérive vers les breuvages s’écoulant à l’infini, avec en lui ce cri : « Ô mon grand mangeur, mon grand ventre, mange tout ce que tu peux ; car ce que tu peux, tu le dois !»





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Maximes

Mes très chers frères, en cette période difficile, réunissons-nous autour de la sagesse de Chuck Norris. Rappelons-nous de ce que sa sagesse nous dit.

- C'est Chuck Norris qui décide de ce que Jacques a dit.
- Chuck Norris peut diviser par zéro.
- Jésus Christ est né en 1940 avant Chuck Norris.
- La force de gravité, c’est ce qui fait que la terre tient sous Chuck Norris.
- Chuck Norris peut t´étrangler avec un téléphone sans fil
- Chuck Norris est capable de laisser un message avant le bip sonore
- Quand Chuck Norris pisse face au vent, le vent change de direction
- Chuck Norris mange les emballages des carambars. On ne blague pas avec Chuck Norris..
- Chuck Norris a déjà compté jusqu'à l'infini. Deux fois.
- La seule chose qui arrive à la cheville de Chuck Norris... c'est sa chaussette.
- Ma liberté s'arrête là où commence celle de Chuck Norris.
- Quand Google ne trouve pas quelque chose, il demande à Chuck Norris.
- Les suisses ne sont pas neutres, ils attendent de savoir de quel coté Chuck Norris se situe.
- Il n'y a pas de théorie de l'évolution. Juste une liste d'espèces que Chuck Norris autorise à survivre.
- Chuck Norris a un jour avalé un paquet entier de somnifères. Il a cligné des yeux
- Certaines personnes portent un pyjama Superman. Superman porte un pyjama Chuck Norris
- Chuck Norris peut gagner une partie de puissance 4 en trois coups.
- Chuck Norris comprend Jean-Claude Van Damme
- Chuck Norris et Superman on fait un bras de fer, le perdant devait mettre son slip par dessus son pantalon
- Quand la tartine de Chuck Norris tombe, la confiture change de côté
- Les amnésiques se souviennent quand même de Chuck Norris
- Chuck Norris peut monter en bas.
- Chuck Norris peut trouver du foin dans une aiguille.
- Chuck Norris a piraté la CIA avec un convertisseur euro.
- Chuck a wizzé son pote sur MSN , la maison du mec s'est écroulée


Pour ceux qui sont sur Facebook, voir ce groupe "Chuck Norris ne porte pas de montre, il décide de l'heure qu'il est". Créé par Arthur Decostanzi et reprenant les axiomes sur Chuck Norris de tous les utilisateurs. A tomber par terre...

Edit : Ha ben ça vient d'un site apparemment où il y en encore plus (difficile de ne pas en poster (ChuckNorrisFacts)).
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"Ce n'est pas triste la finitude"

Une interview très intéressante traitant de la crise sur Lemonde.fr. L'interviewé est Paul Virilio que je ne connaissais pas du tout. Il mérite d'attirer la curiosité.

Interview du Monde
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The Dark Knight - III


Une néo-tragédie grecque ?

Il y a quelque chose de très inspiré dans ce divertissement à gros coup de millions de dollars. Une sorte de sentiment d'assister à une forme de vision, une sorte de néo-tragédie grecque entre les grattes ciels de la civilisation.

The Dark Knight semble être une réflexion sur la cité. Cette cité, elle s'appelle Gotham, une sorte de cadavre froid où les puissants dirigent l'existence d'une plèbe sans âme, pensent pour elle, lui cachent la vérité comme si elle était vraiment trop conne afin qu'elle puisse continuer à vivre dans sa multitude, entre les murs fragiles d'une société prête à s'effondrer à tout instant.

Par rapport à cela, citons quand même la tentative de Nolan de créer un flot de personnages secondaires. En effet, un pléthore de caractères prennent vie à l'écran tout au long du récit, même si leur apparition ne dure que le temps d'une scène. En ce sens, Gotham souffre un peu moins que les habituelles villes de héros où tous les habitants sont des ignorants à qui il faut absolument donner de l'espoir et qui réagissent à tous les actes symboliques et manipulateurs des bien pensants comme une foule de débiles mentaux.

La Cité



S'il est impossible de traiter tous les aspects de la cité et donc de la société, quelques fondamentaux ont été choisis pour The Dark Knight, tous liés à la mythologie de Batman. Le principal semble être celui de la Justice. Si Athéna n'est pas directement présente à l'écran (ou alors Rachel Dawes ?), les trois Chevaliers du Zodiaques (Harvey Dent, le Commissaire Gordon et Bruce Wayne) se battent pour elle, font tout pour sa gloire et son régne sur Gotham.

Face à eux se trouve un Clyde Barrow, une espèce de nietzschéen extrémiste des barils de poudre à la place des doigts, un quasi philosophe, un choreute satirique qui moque le protagoniste jusque dans ses fondements à le rendre pathétique, exprimant aux spectateurs le renversement des enjeux dans lesquels les héros sont perdus, à la face même du spectateur avec qui il entre en relation directe. Ce dionysiaque fou cherche, même si c'est à travers la destruction : la liberté des hommes. Ou plutôt, montrer aux justes qu'une fois enlevée la Justice des remparts de la Cité, la liberté des hommes ne mène pas à cet état de paix et de justice grâce auquel la lutte aurait un sens.

Lui-même n'est pas un être chaotique, il est avant tout l'antagoniste parfait à Bruce Wayne. Anarchiste romantique et meurtrier, il nous rappelle qu'un basculement peut s'opérer. Que la cité autrefois maintenue à l'aide de la punition et de la récompense peut sombrer dans la haine et la folie. Qu'entre autres, quand la punition ne sait plus empêcher la colère et que la récompense n'est plus suffisante pour accepter la punition, une crise se produit.

De manière très détournée, il nous rappelle qu'un être humain peut se transformer en tueur implacable aussi facilement qu'on l'a rendu docile. Le Rwanda n'est pas très loin. Une série bien pensée de manipulation ont permis de faire s'entretuer des êtres humains à la machette par centaine de milliers.

Un moment de modernité


Le Joker (et donc le film qui l'entoure) amène sur son chariot de feu le sentiment d'assister à un moment de modernité. L'envol est magistral, sublime. C'est par une sorte de vision indescriptible, par une dramatique architecturale (le triumvirat, l'antagonisme parfait du Joker) et à travers une symbolique simplifiée mais jamais cliché que naît ce moment rare, telle une émulsion qui prend vie. La couleur, la construction, l'utilisation du graphisme moderne (les exécutions terroristes filmées, la reconstitution des décombres du 11 septembre...), les duels de géants aussi puissants que des gratte-ciels (le duel sur l'avenue fait frémir), ces presque dieu grecs tous grimés ou transformés, ces réunions secrètes sur un presque Mont Olympe... Tout est sujet à un effet émotionnel retentissant. Il y a une force dans ce film, une impression d'assister à une bataille mythologique entre des idéologies et des intellects puissants dont les corps sont l'extension même de leur densité et où les actes sont avant tout l'expression des idées formulées, le tout encadré par un effet global dont chaque rail a été soigneusement posé.

D'une façon radicalement détournée, et sans jamais oublier que le film est avant tout une grosse bande annonce, le gang à Nolan vient de relayer au placard tous les films de super héros avant lui. Tim Burton s'était servit de Batman pour développer sa propre mythologie (la marginalité), les Nolan vont se servir de la mythologie de Batman pour traiter des affaires de la Cité.

L'antagonisme


Dans "La Naissance de la Tragédie", Nietzsche traite d'un antagonisme parfait comme structure de l'esprit grec. Deux esprits, deux formes qui selon lui habitent toute la pensée des grecs. Si je ne pense pas qu'on puisse dire que Batman versus Joker égale Appolon versus Dyonisos, on retrouve malgré tout une balance qui permet à la vieille construction des comics de se dépasser complètement.

L'antagonisme est un élément narratif très puissant. Harry Potter combat Voldemort, Gandalf combat Sauron, Blanche-Neige est face à la Reine... Ces éléments sont immémoriaux et participent de l'intérêt que l'on a à les suivre. L'antagonisme est une structure dramatique qui permet d'aisément construire son récit et d'exploiter tout le potentiel de la dramatique. C'est d'ailleurs là toute la recette des films de super-héros. Ils sont puissants parce que l'antagonisme est poussé à son paroxysme, à son niveau le plus primal.

Et The Dark Knight est diablement intéressant dans sa construction de l'antagonisme. En premier lieu, parce qu'il va bien au-delà.

Tout commence selon la vieille règle. L'acte I est la reformulation de l'antagonisme habituel. Batman combat les criminels et la corruption de la Cité. Il ne se soucie de rien d'autres car il n'existe qu'à travers eux. Les malfrats sont toujours des malfrats et tout va bien dans le meilleur des mondes puisque Batman parvient comme à son habitude à les mettre derrière les barreaux. Aucun de ces malfrats n'est subversif en soi. S'ils brouillent l'ordre qui doit régner dans une société, ils ne sont jamais dangereux au-delà. Ils n'ont pas d'idées, ils ne pensent pas. Il n'y a rien en eux de dangereux pour la bonne continuité des affaires du monde. Ils ne se confrontent jamais vraiment à l'ordre moral (si ce n'est pas une petite parlotte en fin de parcours avant de mourir). D'ailleurs, ils aiment l'ordre moral par-dessus tout puisque c'est sur celui-ci qu'ils font fortune. Ils ne sont même pas un accident ni un appendice dans le déroulement des choses, ils y participent car ils ne font que se servir des injustices inhérentes au système. La Justice n'est face à eux qu'une forme de régulation du système et elle sait aussi parfaitement comment les punir car il y a jurisprudence sur leur agissements depuis longtemps.

Après une quarantaine de minutes, le crime est empêché à travers toute une série d'aventures et Athéna habite à nouveau la Cité en attendant le prochain numéro.

Le premier acte se termine là. Batman touche à sa fin dans ce système rébarbatif où même les criminels ont l'air de s'endormir à tel point ils s'ennuient de leur propres actes. Harvey Dent pourra le remplacer pour que lui aille jouer dans les champs avec son amoureuse.

Bien qu'on sente l'épopée non achevée (le seul personnage qui ressemble à un monstre n'est pas encore mort), on sent qu'on a fait le tour de la problématique.

Mais quelque chose se produit. L'être au visage grimé de blanc grandit. Au départ, il n'était qu'un vulgaire pilleur de banque dont le père avait coupé les joues au couteau, un électron libre créatif peu liés aux mafieux notoires. Il ne semblait qu'aimer les crimes au même titre que les mafiosi, et c'est sans doute l'amertume et l'enfance difficile qui l'a rendu destructeur. Mais lors de la scène de levée des fonds dans l'appartement de Bruce Wayne, une chose se produit.

Finalement, ce n'est pas son père qui lui a fait ses marques au visage. C'est une histoire qu'il invente. Soudainement, le Joker sort de la structure extrêmement stricte des comics. Jusqu'à ce qu'on lui retrouve une raison, qu'il soit un malfrat n'a plus aucun sens dans le monde des comics, il n'a pas de vraie raison de voler, ni d'avoir tué. Il reste antagoniste parce qu'il combat manifestement les héros (il en tue trois d'un coup) et donc la Justice mais on a besoin de le redécouvrir.

Commence alors la nouvelle définition de l'antagonisme. Un antagonisme radical. Un ennemi qui, loin d'être absolu, est justement bien ancré dans la Cité et en connaît les limites. Son but semble être de faire douter les héros, de les contraindre à réaliser que leur quête de justice n'est qu'une façon d'emprisonner les hommes de leur état de liberté. Il n'a aucun pouvoir particulier si ce n'est de savoir plastiquer la ville entière en un tour de main. En réalité, l'antagonisme qu'il représente ne nécessite aucune sorte de pouvoir surnaturel là où l'antagonisme d'un ennemi normal aurait besoin de boule de feu et de laser pour combler le profond néant antagoniste dans lequel il se trouve. Ici, le duel, ce climax dramatique, ne sera pas une épreuve de force, mais bien de raison. Le premier monde se bat pour la Justice car il croit que la liberté des hommes amène la paix, le second se place de l'autre côté du mur, en parfaite symétrie. IL veut réduire en cendre les règles qui ont été nécessaires pour parvenir à l'état de justice et d'ordre.

La catharsis



C'est dans les deux bateaux que l'âme de la civilisation se joue. Si on ne comprend pas très bien comment cette arnaque narrative a pu se produire, le symbole est trop parfait, trop magnifique que pour oser le remettre en question. La perfection de cette scène est magistrale. Même si le langage du spectateur ne peut exprimer l'entièreté de ce qui s'est déroulé jusque là, c'est trop tard, il est happé, avalé, digéré dans cette dramatique trop parfaite. Tout menait à cette scène. Le film aurait d'ailleurs presque dû se terminer là, dans ce troisième acte ouvert par le Joker qui brûle l'argent en exprimant au spectateur qu'il n'en a jamais rien eu à cirer. Il n'était qu'au service d'un message.

Le Joker est à ce moment là, lorsqu'il attend qu'un des bateaux explose, le terroriste absolu. La destruction qu'il commet est terrible pour l'esprit. Il n'est pas le mal aveugle, il est le mal raisonné. Il est le mal qui est symbole et message. De plus, aucune punition ne l'empêchera d'agir (le kamikaze). C'est dans ces pointes narratives que ces moments majestueux de modernité apparaissent. Le film est moderne pour mille raisons mais cette recréation symbolique des évènements de ces sept dernières années est saisissante. Tout a été caché, planqué dans la forme, mais tout existe encore. On assiste presque sans s'en rendre compte à une catharsis. Et c'est tout le pouvoir du récit. Il peut tout cacher, tout symboliser, tout mettre derrière des couches et des couches jusqu'à ce qu'on ne puisse plus apercevoir le fond du puit. Il y a l'ironie, la scène d'action, l'explosion... Tous ces éléments masquent mais pourtant, intérieurement nous les comprenons, nous les sentons. Notre esprit fait tout le travail. Il y a un calque qui se créé entre notre observation du monde et le monde que nous observons.

Alors on pourra critiquer la forme du film, le ridicule de certaines scènes, l'imprécision du montage et de blablabla... Mais on ne pourra pas négocier longtemps sur une forme de vérité qui existe dans l'oeuvre. Le succès du film est majeur parce qu'il est bluffant, excitant et sombre. Mais ce n'est pas par hasard qu'il a été élevé au rang de classique américain. Il a parlé autrement. Le Joker est une forme d'ennemi de la manipulation des bien-pensants, il est une forme de liberté, une forme de jouissance. Il s'attaque directement et intrinsèquement à des fondements de la Cité et c'est à travers cette attaque que l'on se plait à être d'accord avec lui.

Le Joker annonce cette crise de la société. Pas économique ni financière. Non. Une crise face à la manipulation des bien pensants. Une crise de raison et une crise de confiance. Et le Joker n'est pas bien pensant, loin de là, il est celui vers qui se tourner lorsque la confiance est partie, lorsque le mensonge des justes amène à la transvaluation. Face à notre monde, il est tout simplement libre.

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The Dark Knight - II

The Dark Knight est certainement le meilleur film que je n'ai pas encore vu avec la meilleure interprétation de Joker que je n'ai pas encore vue non plus... En somme, c'est le meilleur film que je n'ai jamais vu !

Tout ça pour dire qu'il va falloir que je trouve un jour pour étancher cette prise d'otage dans le buzz absolu de ce film. Et si on regardait un drôle de trailer en attendant ?


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The Dark Knight

Voilà quoi attendre de ce monstre :


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Benoît Lamy



Juste un petit mot pour saluer Benoît Lamy qui nous a quitté il y a quelques jours. J'avais eu la chance de l'avoir comme professeur à l'IAD pendant un semestre et en ai toujours gardé un souvenir impérissable. Comme je l'ai vu, Benoît Lamy a toujours nagé hors de l'éthique habituelle, dans une pensée différente, avec des réactions osées et marginales, le tout enrobé d'une profonde sensibilité. Il lui arrivait de verser une larme devant ses élèves à l'examen oral quand il était touché. Je ne suis certainement pas le seul étudiant à l'avoir gardé en mémoire (ni celui qui le connaissait le plus). Ses anecdotes truculentes à propos de Pasolini, sa façon de voir les choses, son petit chien qui se désaltérait la patte dans les couloirs de l'école, qu'il ne m'ait pas busé alors qu'à l'examen oral je l'avais appelé André Lamy (une sacrée sottise), enfin bref, sans avoir une énorme quantité de souvenirs de lui, je sais en avoir de qualités. Et je pense que quelqu'un de qualité il l'est vraiment. Et il le restera...

Sa leçon sur le cinéma, du moins celle qu'il voulait offrir à ses étudiants (il le répétait souvent comme si là se trouvait la clé de tout): "Le cinéma c'est le temps !". Sacrée leçon que j'espère pouvoir comprendre un jour entièrement.

Mes amitiés à sa famille...


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CIA World Factbook 2008

Une très belle publication libre de droit (et donc téléchargeable sur le net), le World Factbook 2008 de la CIA. Surtout centrée sur l'information, cette étude annuelle revient sur les puissances militaires, les moyens économiques, la situation sociale des pays du monde entier. Et on y apprend beaucoup de choses et en plus, c'est tout de même une oeuvre de qualité. Même si on suppute qu'il n'y a pas tout dedans, au moins on découvre des faits très importants.

Très intéressant aussi pourquoi, parce que dans un moment où la Chine, dans une sorte de propagande difficile à critiquer mais bien réelle, prend peu à peu les traits de l'ennemi (hélas ! Car c'est en créant un ennemi qu'il le devient), on peut quand même souligner plusieurs choses à travers ce factbook. Parce qu'à force d'entendre "Chine=plus grande dictature du monde", on laisse tout de même passer beaucoup de choses.

Voici par exemple un fait très frappant :

Population : 1,330,044,605

Taux d'alphabétisation en Chine
- âgé de 15 ans et plus savent lire et écrire
- population totale alphabétisée : 90.9%
- chez les hommes : 95.1%
- chez les femmes : 86.5%

Il y en a beaucoup d'autres et ils rappellent bien évidemment, et c'est toujours comme ça, que la simplification et les concepts qui tiennent en deux mots ne s'appliquent pas à des pays entiers. La Chine, c'est 5 religions reconnues, un taux d'alphabétisation record (les Etats-Unis peuvent aller se rhabiller), une histoire immense de milliers d'années, c'est des dizaines de nations-ethnies, des différences linguistiques énormes (il n'y a pas que le mandarin là-bas, même s'il est majoritaire), c'est aussi le pays le plus connecté à Internet et ainsi de suite... Celui qui avalera comme une couleuvre qu'un pays aussi grand, aussi riche, ne pense qu'une chose et n'est qu'une chose, qu'il n'y a pas de dissidence (Tian'anmen, c'était une dissidence chinoise non ?) et qu'il s'agit là bêtement d'un gouvernement communiste jouera malheureusement dans le jeu des propagandes (qui peuvent aller jusqu'aux propagandes de guerre).

Les ennemis ne servent à rien qu'à créer des armes et on a encore un bel exemple qui se profile face à nous. Va t'on, par paresse, vouloir absolument accélérer un processus qui ne mènera qu'à penser en terme de puissances mondiales qui doivent absolument s'affronter ?

Bon ça c'était juste pour citer un exemple en rapport avec le FactBook et l'actualité. Il est bien plus riche que ça.

Pour télécharger le CIA Factbook 2008, c'est par ici.










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